Le douanier en train de peindre ou Le Voyage – Daniel Turcea

I

la Ville, comme dans un atrium brûlant
un rameau de santal
le vrai, visage abandonnant
toute image, laissant
un sein de cendres
le lin
ses couleurs le montrent comme un nu
corps de femme quand un tigre descend
immense, sous les étoiles, sa face vers ses
yeux, qui maintenant
rêvent comment un tigre qui descend sa
face vers ses yeux comme un reflet en fontaine
qui monte vers se lèvres
et voici
la Ville, comme dans un atrium, embrasé
un rameau de santal
mais tendres, les fils de la paix en route
tellement humbles, indomptables

II  Le  Peintre
regarde, les feuilles ont de la lumière en leur mie (lui
à gauche de la resserre
peintre au péage du froid
voyageant dedans la lettre „o”
vide et plein, l’affirmation-de l’affirmation
coincidentia oppositorum, feuille de saule, robinier fleuri
serpent en forme de laurier
dompteur d’églantines, il fut entendu
prêcher à une grenadine
du cygne qui sera fusillé
entre les nénuphars tout près et, comment
seront
le fusil d’argent, aux sceaux, envoyée aux cendres
la main, la coupable
et les cieux ne seront plus
comme à présent)

III
caresse de clavecin, la rosée sur les armes
il est dimanche dans le Jahvéisation
dans la montagne

IV Le Tigre lacérant une gazelle
(oh, les peuples près de la mer
rivage pollarisée !) sous minces les feuilles de la
saule
un martinet assis
partout, l’âme
plus beau, le sang
implorant, sous le ciel
sous les paupières de la gazelle, des tigres captifs
non, il n’y a pas d’humilité dans la fuite de l’antilope
une cape lui laisse
entre les griffes comme un éclair
l’air et les langues vertes
voilà, auprès de la fibre empourprée, presque guerrier, dans l’ombre, aux aulas
comme si le bois se rappellât une coupole
de la Ville plus vieille que la montagne où
– en sécheresse
qu’inonde – avec de l’émeraude fut écrit, le matin
le visage de la destruction

V  Chez Rousseau
et, seul, tu montes au delà, t’asseois
parmi les êtres indescriptibles, qui viennent
chaque soir, et tu ne les vois pas
l’amandier embrasé
revasse aux vergers et comment
quelqu’un
drappé en flamme vient
et lui cuieillit l’âme
et le lui emporte

VI  Pensifs
nommez-les pensifs sans pareil
moi je les appellerai :
saule, saule
ou
seulement rivage
archipels aux après-midis
lagunes aux temples, vénins
langoustes
ciselées par une pensée

Golfe de temps immobile, gaspillage
si des écailles tomberont des yeux, les journées d’en mémoire

VII

„maintenant”
murmura
„là-bas les nuits sont indigo” et alors
des branches fleuries, comme si flottantes, est venu
l’Homme de la Douleur de Saint-Domingue
à la main avec une canne au sucre

peignant, il mourut
c’était
une infinie surprise en tout ce qu’il voyait

* * *
inexistent en lumière
de la timidité de ne pas aveugler
ainsi s’est-il montré en lumière

*

traduit du roumain par Tudor Miricã

*

lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-38

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