le cellier aux fruits – Ion Pillat

 
J’ouvre, craintif, la porte de l’ancien cellier
Avec la clé rouillée de l’interdit Eden,
Ravivant le mystère des baies, humblement,
L’arôme, la fraîcheur, et leur ombre oubliée.
 
Le souvenir m’encense dans sa fumée bleutée,
Mûrir sur des plateaux, paillasses, comme des bûchers
Brûlants, brugnons de braise, et grappes d’aligoté
Et poires en or rouge aux flammes parfumées.
 
Chancelant, comme le serf qui piétine une fortune
Dans le conte des mille et un nuits, je me recueillis :
Lorgnant des pastèques – jades à mie de rubis –
Et les chasselas jaunes comme le soleil des dunes.
 
S’allument comme des fantasmes des coings et abricots :
Des roses lampions et lustres en or double …
Mais en quittant l’office qui la raison me trouble,
Sur la portée sorcière, le cadenas je clos.
*
du volume « L’Arges en amont » , 1918-1923
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
 
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-N

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