Questions du soir – Florin Mugur

Et à quoi bon l’honneur et à quoi bon l’on
ferme la boîte sur ton courage pointu
à quoi bon le ciel ras qui tue
vu au dessus de la plaisanterie fine – à quoi bon
*
et à quel futur et quel aloi
à quel envol d’hanneton au jappe des chiens ?
Les fourmis ont déjà grimpé sur toi
ardentes, chandelles entre leurs mains.
*
À quel désordre, à quel vieilli demain
que confondu t’efforces de le révéler
comme si le prince un livre à la main
le livre brûle et personne ne risque d’en toucher
*
comme s’il ne serait-ce pas la dernière boîte
sauvage déjà dans la fumée aigrie
comme si les pierres du ciel, comme si la faute
de la faiblesse s’effaceraient, comme si
*
tu parlerais, t’auras encore la chance de te sauver
comme s’il aurait encore espoirs, comme si
la couleur du sang de n’importe qui pourrait changer
en te voyant mourir, comme si
*
en appelant fragments de créatures divines
hélant stupide des noms d’étoiles et chiens
tu ne verras plus le convoi des fourmis malignes
luisantes, noires, rouges, chandelles entre leurs mains.
*
du volume Le portrait d’un inconnu
Cartea Românească, 1980
traduit du roumain par Tudor Miricã

*

lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-1P

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