L’albatros abattu – Nicolae Labiş

Quand des vergers vers la mer se retourna la brise,
Dans le velours de l’ombre le sable amortissant,
Une vague le déposa prenant soin de sa mise
En cimetière de coquillages brillants.
 
En marge de la bouillante réalité marine
Gît anormalement raide, hautain, pourtant vaincu.
Paraît qu’il scrute encore cette étendue saline
Le cou gracile vers le ciel tendu.
 
Si sales et si salées sont ses ailes dépliées,
L’orage qui le frappa lui chante une liturgie
Brillent de mille couleurs autour des coques tuées
Dont la chaleur l’essence leur liquéfie.
 
Jetées par les vagues sur la rive desséchée
Mourant sans résistance si richement elles brillent,
Leur blanche, éblouissante clarté sera troublée
Par son aile toute sale d’une boue noircie.
 
Dans l’air des berges, s’écrie dansant en des sauts brusques
En défiant l’abîme, un jeune goéland
Le guerrier des tempêtes chu entre les mollusques
Reflète de son œil terne un vol montant.
 
Quand s’affermit la brise son aile frémit encore
Et ressurgi l’instant d’un invisible signe,
Il semble voler encore une fois, et la dernière
Vers un cimetière plus sobre et plus digne.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-3T

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