Aéroport en automne – Nichita Stănescu

Tiré en arrière par la planète j’entendais les anges,
j’entendais les pierres,
le jaune, le vert
montant dans la nuit vers le centre
de la terre.
 
L’aéroport lâchait ses démons à queue incandescente
et brûlant peu à peu, les sabots en premier
et jusqu’à la tête, seulement les cornes
restaient entières et se défaisaient
s’effondrant
chacune ailleurs.
 
Le temps s’était cassé ;
chacun en prenait un bout si possible,
même s’il ne coulait plus partout
pareil :
dans les chevilles passait un mois,
dans le genou un jour, dans la côte une heure
sur la langue une minute et dans la tempe
une seconde
 
« C’est pour cela que nous essayons de garder
les têtes le plus loin du noyau de la terre » –
dit quelqu’un.
 
Mais
personne n’y prêta attention.
 
Chacun avait un temps différent et essayait
de tirer vers lui la planète,
mais celle-là se contentait seulement
de tourner en rond.
 
J’entendais les anges. Je les guettais
prêt à sauter sur le dos du premier venu,
m’apprêtant pour un voyage.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-8y

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