Anno Domini sept – Gheorghe Tomozei

Enfance, premiers, à la main caractères
tombant avec les dents de lait amers,
sur des toits étrangers. Dépêcher
pour des majuscules à acheter,
comme si on achetait du coutil,
mazout et aloès
lorsque dans la maison il n’y a plus un croûton d’avril
et on a tant besoin de cigales …
Tasses cassées. Larmes à l’affilée
Lavant dieu sait quel gouvernail petit
quand dans la chambrée
le temps les choses les réduit
et les placards se font bas et la tôle
perd l’éclat, aux soins de maman,
sur la ville la neige prend son rôle
et les cloches balancent leur airain.
Réduction lente. Contours diminués
couleurs avalées. Rien qu’un nom de fille
géant, des heures s’est relevé
et en mémoire s’émoustille,
en délicatesses monstrueuses. Transparaît,
emmuré dans la clôture en osier, frêle,
de la poitrine et il me paraît
que je suis le fils de la fille icelle.
Et je suis le fils de cet espace
(anno domini sept)
quand sur les feuilles s’allongeant voraces
il pleut avec mes dents de lait
sur les clochers et les abécédaires,
(en anno domini sept)
fils du sel dans les salières
et des larmes de lait …
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-8N

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