Seul le bruit des chutes de neige – Valeriu Pricină

Ont explosé les nues comme une bombe
et nous dormions – n’avons rien senti –
comme nous surprennent jachères qui épient
la noire cité s’est mise encore une plombe.
 
Des propres clous les freins du froid s’arrachent,
un lourd harnachement les toits avale,
étranges cochers, énormes, aux tempes pâles,
en vieilles mansardes les tempes rasées ils cachent…
 
On dirait que seules le cloches sont à l’attente –
ne voulant pas donner le signe de partance
aux édifices tués par leur patience
en grelottant par grandes fenêtres béantes.
 
J’ai vu en plaine la file à peine surgie
et derrière elle le gros sillage en goudron,
des fronts percés qui en fumant rendront
des rats une désolante liturgie.
 
Médicament – la neige molle tombée
aux caves, sur un terré abcès –
le mûrissant du gond lui jaillissait
de l’infernale peur de la pureté.
 
De plus en plus épaisse par des rues sans volume
c’est la couche de désert qui tout blanchit,
une veillée de lune au loin du ciel frémit
remplir de balles petits pistolets de brume.
 
À l’ancien cirque, à la chaîne, comme l’on doit,
une balançoire qui en aller-retour elle grince
en brandillant, dans sa coquille mince,
le triste rejeton du Christ bourgeois…
*
… Et parmi tant de bruits aigus de paix
le bruit des chutes de neige toujours nous plaît !
*
traduit du roumain par Tudor Miricã.
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-9y

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