La bête que j’ai gaspillée – Constant Tonegaru

Je reste un poète aux cadences épousées
écrites au cœur lourd et par cafard,
lorsque être un sanglier je souhaitais
montrer au monde sous le groin mes dorés dards.
 
Je cherche une trêve, la même simple césure :
j’ignore que tu es, puisses-tu être une fumée
et, Dieu, quand je t’engueule pour ma destinée
mes dents en prennent de la dorure.
 
J’aurais posé la patte par terre,
heurtant le sabot tel l’ongle d’un chérubin
pour faire sonner dans les clochers le tocsin
et partager mon mystère.
 
Sur les nuages posés en marches froides
j’essaie d’errer le soir pour me trouver,
je sors mon pied en dehors de ma chambrée,
mais il coule comme la glèbe en épis roides.
 
Je cherche une pause, et une virgule j’ajoute,
sur des papiers pour l’instant
je la porte au cou telle une fourrure de renard d’argent –
je ferai le point plus tard sur ma route.
 
Là j’avance un pas de plus et marche encore
jusqu’à rester une seule poignée,
tout ce qui avait crû haut s’ensevelit,
quand je me parsème sur les buttes limonées.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-a7

 
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