Portrait – Laurenţiu Ulici

Je suis vieux, mon vieux, le temps ne me délivre
Les ans – quand ils se sont entassés, j’en sais rien :
Puis on aime une fille, puis on rate un livre,
Puis on claque le fouet d’un rire serein ;
 
Puis on subit des sorts, quelquefois loyaux;
Mais souvent, de dos – par des proches frappé ;
Puis perdu en sommes, blancs et matinaux,
Puis pleurant l’envol de vagues martinets ;
 
Puis séduit par des gloires qui jamais n’adviennent ;
Puis traitant l’instant comme un âge fictif ;
Puis baissant l’éclat des tempes, comme des plaines ;
Puis quêtant aux neiges le secret motif ;
 
Puis portant au dos d’illusoires hauteurs ;
Puis raillant moi-même pour ne pas peiner ;
Puis choir de la monture franche de la rigueur ;
Puis par un froid dans l’âme vivement secoué.
 
Puis mentir en vue d’une autre passion – unique ;
Puis rêvant à l’ombre des moulins à vent ;
Puis guettant le crépuscule des sens, ludique ;
Puis la rime que les mots pleurent, croyant …
 
Je suis vieux, mon vieux, le temps me divise
Les années en deux, oisivement alternant :
Puis on rate une fille, puis on aime un livre …
 
Jusqu’où, jusqu’où, encore ? qui peut me dire Quand ?
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-aB

 
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