Despărţire – Radu Stanca : un poème, deux traductions …

Rupture
 
Il nous  faudrait un millénaire pour rebâtir
Ce-qu’on a brisé lors de notre rupture dans la soirée
Et même alors ce n’est pas sûr qu’on pourrait dire
Je suis ta branche en or, tu es ma feuille bleutée.
 
Une ombre restera toujours entre nous deux pourtant
(Nous qui jadis étions collés comme deux mains
Sur la poitrine d’une morte) mais éternellement
Croîtront des vagues à l’âme apparemment sereines.
 
Le mot dit autrefois jamais plus nous l’emploierons,
Le rare silence d’antan nous ne le garderons jamais.
Nous resterons au-dessus en tant que dieux et serons
Les mains serrées sur les écus sévères et pleins de paix.
 
Peinés, nous saurons l’heure non pas d’après câlins
Mais demandant aux gens autour et à la ronde,
Plus morts que les morts, mais seuls et sans remords aucun,
Des fois comme des nuages nous nous croiserons dans le monde.
 
Tous nos baisers offerts avec leurs flammes d’antan
N’enflammeront plus les mêmes forêts bleues et pâles
De même nos deux âmes, en volant tout paisiblement,
Ne s’élèveront plus encore tombant vers les étoiles.
 
Comme des épines nous ôterons au fur et à mesure
De nous les souvenirs en reprenant la fable
De la passion qui tombe, chavire dans nos natures
Tel d’un rocheux rivage en golfe profond le sable.
 
Mais le silence d’antan jamais ne reviendra
Et seuls nous passerons nos derniers instants
Pendant que la mouette de la passion mourra
Une dernière fois des ses grandes ailes battant …
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
L’Ecart
 
Il nous faudra plus de mille ans pour retrouver
Ce que ce soir notre écart a réussi d’abattre
Et même alors il n’est pas sûr de pouvoir rester
Moi ton rameau en or, et toi ma feuille d’albâtre.
 
Une ombre va flotter toujours entre nous deux
(Qui fûmes jadis unis comme deux poignets sur une
Poitrine) et entre nous veilleront toujours les yeux
Des nuits qui ne seront qu’en apparence communes.
 
Le sacré mot d’antan jamais plus n’userons,
Cet hors de pair silence d’alors nous ne pourrons plus taire.
Serons comme les dieux toujours en haut et nous aurons
Les mains sur les boucliers, paisibles et sévères.
 
Tristes, nous saurons l’heure plus d’après nos caresses
Mais en la demandant autour de nous, hagards,
Morts plus que les plus morts, seuls et sans adresse,
Ne nous heurtant au monde que par le pur hasard.
 
Nos baisers ardents à leur feu dont la brillance
N’embrasera plus l’âme des forêts mystérieux
Et nos âmes-mêmes, en voletant d’une lenteur immense,
N’élèveront plus leurs ailes en caressant les cieux.
 
Un à un comme des épines nous arracherons d’en nous
Les vieux souvenirs, en contemplant l’image friable
De notre amour qui entre nous bruine irrésolu
Comme d’une berge rocheuse au golfe profond le sable.
 
Mais ce silence d’antan on ne le retrouvera,
Chacun ira chercher tout seul ses propres marges,
Tandis que la mouette de notre amour mourra
Faire tressaillir une dernière fois ses ailes larges…
*
traduit du roumain par Tudor Mirică.
*
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-dz

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