Cantique de désir et soupir – Miron-Radu Paraschivescu

Je chanterai toute une vie
à la porte de ma mie,
je chanterai comme un benêt
pour souffrir – et pleurnicher !
 
Car elle était belle ma gueuse
à lui biser la vareuse,
ses lèvres de giroflée,
j’les mordrais toute la journée !
 
Elle avait si fière allure
j’ai la panse qui me torture
quand je pense à sa figure.
 
M’a dit pour la courtiser
d’emprunter chez le banquier
et refaire mon dentier.
 
Moi j’n’ai pas serré les couilles
j’en ai aboulé d’l’oseille
et m’suis mis des dents dorés
comme tous les boyards friqués.
 
Robe en soie j’lui ai payé
babouches en velours rayé
en ville je l’ai promenée
que les gens puissent la mâter
parce qu’elle est ma bien aimée.
 
Car je l’aime sans répit
je n’arrête pas mon récit,
en enfer tant je suis cuit.
 
V’là ma tête pleine de bouse :
pour lâcher ma pauv’épouse
et m’enfuir avec une drôle
qui ne s’lave pas les guiboles
et me pique tout mon flouze.
 
Ce n’était pas la faute mienne,
que Dieu lui donne de la peine !
Dès que j’bougeais un chouïa,
fichtre ! elle me suivait au pas ;
j’voulais aller à la messe,
là, elle me bottait les fesses ;
j’la prenais sous les aisselles
sa bouche sentait les airelles.
 
Et pour me rendre barjot
elle portait un coquelicot.
Qu’il dise, qui l’a connue,
comme elle était bien foutue ;
car, le ciel la damnera,
minces sourcils elle dessinât,
aux alentours de ses nattes,
pourrissant mon esprit blette.
 
Que vous dire, jusqu’à la fin ?
J’la suivais, pas très malin
partout où elle se flagornait
d’être ma môme bien-aimée.
 
Pis elle la jouait amène,
rien que soupirs et haleine,
quand on froissait ses tiretaines.
 
Ah, que j’la verrais de glace,
car la flamme ne me passe !
 
J’la croyais mon entier lot ;
mais, cachée sous les rideaux
elle lorgnait les godelureaux …
 
Et un soir, de la terrasse,
j’vois un garde monté qui passe,
elle sort vite pas si dupe
et s’enfuit montant en croupe.
 
Depuis elle est en vadrouille
moi je suis resté bredouille,
 
tout seul, à mordre ma clope,
 
putain de merde de salope !
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-eF

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