Décor – Leonid Dimov

A midi entre demain et hier,
sans limites va le verger de pommiers,
les pommiers aux troncs opalescents
en brumes enfoncés, en rangs divergents.
Rien entre eux que du midi qui passe
Et des scarabées roses qui chassent.
Rien, que des pommiers, sans fin,
Dans le verger entre hier et demain,
Seulement à des écarts définis,
Des écrans avec de Laurels et Hardys.
A savoir qu’entre ces pommiers pareils
Se trouve un en acier, sans sommeil,
Aux feuilles figées et ternes,
D’un nom latin qui finisse en quern,
Vous le devinez, bien sûr, par la science
des parents : c’est l’arbre de la connaissance.
Voilà, le serpent sur une branche enroulé
Entre Adam et son Eve hébétée :
Vous savez ce qui après se passera :
Le péché originaire elle accomplira,
Prenant par la main son Adam
Le promènera en ville, sur le macadam,
Des millénaires ternes en verte pierre.
Le serpent percera la terre jusqu’en enfer,
Les chérubins dès les aurores jusqu’au coucher
Garderont l’entrée et la solitude du verger
Avec ses pommiers en files bien rangées,
Sans brises, sans chanteurs, sans idées,
Avec, seulement, cette pomme mordue,
Pourrissant à jamais sur la glaise crue.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-eQ

 
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