Les miettes qui tombent – Matei Vişniec

Les miettes qui tombent depuis la table de travail du poète
font parfois un bruit assourdissant
l’on entend des cris, des craquements
une vieille s’évanouit sur le trottoir d’en face
un homme meurt écrasé sous une voiture pluvieuse
 
depuis la table de travail du poète
tombent parfois des miettes énormes, inadmissibles
quand le poète est las la ville même devient folle
les artésiennes gèlent, les tramways se cognent aux murs
les mots eux-mêmes se font rares, sortent incompris
 
Devant le mot silence une file d’attente énorme
attention, il n’y aura pas pour tout le monde crie le poète
même devant le mot amour qui s’est épuisé depuis longtemps
quelques irréductibles attendent encore, groupes de touristes fatigués
 
peut-être ces traces de sang
mènent au mot solitude, se dit le poète
sorti lui-même en promenade dans la ville criblée d’absences
peut-être que devant le mot humain ne rôdent plus
que les chiens
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-fg

 
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