Deux poésies – Cezar Baltag

Oiseaux au crépuscule
à Grigore Hagiu, in memoriam
 
Dégèle-toi, le monde, oh dégèle,
un couvercle de chlore nous sépare
plongées dans la brume sont tes ailes,
le cœur est toujours plus solitaire.
 
Tourne-toi, le monde, oh tourne
toi soleil, porte moi vers l’été
mon horizon là me contourne
les amis rejoignent l’éternité.
 
Ignorant les nuages qui défilent
l’orage nous ne le soupçonnions,
nous étions huit, puis cinq, quatre pile
c’est comme si ensemble nous volions.
 
Hier encore le matin se levait,
mer en flammes, maintenant que des nuées.
Je suis l’oiseau seul dans la buée
à peine si je sais encore planer …
 
*
 
Reflet d’un éclair dans la nuit
 
Les lys, comme une pâle flamme
du minuit, s’allument en luisant.
Tel un château est mon âme
que Hamlet traverse en lisant.
 
Pour qui chantes-tu blonde absente
stérile abondance de tilleul ?
Ne laissez pas Ophélie défaillante
dans le vert profond de mes yeux.
 
La lune hante. C’est un automne
aux feuilles d’un chapiteau corinthien.
A ma gauche Horatio se tait, morne
ou une partie de lui-même seulement.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez les originaux en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-gs

 
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