Deux poèmes de A. E. Baconski

Prières en silence
 
Je prie à la lumière de descendre
Flottant par le forêt comme une filandre –
Aux endormis sapins me penche pour baiser
Leurs barbes longues – au feuillage tombé
Mes pas furtifs racontent à mi-voix
L’effarement du cerf qu’on prenne aux abois.
Je prie au pèlerin, au triste vent,
D’oublier si j’y existe pour autant,
Plus loin parmi les plaines qu’il emporte
La vie d’oiseau des feuilles qui sont mortes –
Je prie aux forestiers de laisser ouvertes
Les portes de toutes les bas refuges offertes,
Aux sentiers je prie de me chercher
Quand la nuit sera passée de sa moitié,
Et sur le tard je prie à la Nouvelle Lune
De lentement creuser ma tombe, ma fortune,
Quand son rayon hallucinant et froid,
Parmi les airs me conduira adroit.
Je ne prierai à personne après cela –
Verdâtre aux arbres la mousse leur croîtra
Et toutes ces feuilles qui partiront pour revenir
En leur dépourvue de fin monotonie.
*
traduit du roumain par Tudor Mirică
 
*
Transfiguration
 
Ni vos pensées à vous, ni les fleurs ne m’ont dit,
Ni les brumes de l’automne, que je serais malade
A moi seulement me semble toujours que fou je suis,
Considérant ma vie et mort comme des charades.
 
Je brûle dans la clarté du jour comme si j’oubliais
N’avoir qu’une route dans l’herbe, une route et une porte
Passé son seuil, timide comme la lune j’entrerais,
Tel le silence des saules penchant sur la Mer Morte.
 
Me réjouis quand passe l’année ou la saison,
Quand les miroirs des autres font errer mon aura
Puis le temps m’incite de changer la même passion
Ma bague pour celle du golfe que le sable enterra.
 
Je vis plus en rosée des champs, et davantage
Comme l’oiseau des fourrés et tout cela se tient :
Je vois monter l’étoile dont j’écoute le message,
Je vois se disperser l’heure de plomb là d’où elle vient.
 
Dès maintenant, le matin au cieux comme une ardeur
Sur une face ravagée. L’aurore, dès maintenant  …
J’y suis, j’incruste mon âme comme un corail, bonheur
En lettres silencieuses, l’espoir de tous les gens.
 
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-hz

 
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