Sonnets – Adrian Munteanu

 
Je reste le coq du toit en girouette
 
je reste le coq du toit en girouette
de tôle grisâtre bravant la bourrasque
la folle canicule nous le rend tout flasque
sans s’égarer en haies à l’aveuglette
d’en haut la ville semble être la dune plate
où les sourds viennent planter leurs dagues en fer
des sortes bizarres d’ombres et de clairières
où le mensonge incessamment y gratte
mais ma demeure ancienne a tant vieilli
les lauzes mollement coulent durant
le temps que la rouille coupe mon drap de lit
je courbe l’échine en toute saison devant
et au dessus de cette agressive nuit
mes jambes se décollent de ce temps
*
Chétif, barbu, à la démarche lasse
 
chétif, barbu, à la démarche lasse
il s’est planqué dans une petite ruine
au fond de la cour pestent les voisines
le rangement n’est pas de thé sa tasse
et chaque fois le toit se couvre de bruine
il veut fuir sous le pan de mur qu’on casse
et sa cheville malade et si mollasse
la protéger d’une pitoyable peine
qu’importe pour qui encore il en recueille
un plaid et une ancienne chaise boiteuse
avait-il une mère une grand-mère vieille
avec un petit sourire pas trop à l’aise
il me dit las de sa voix qui sommeille
ch’uis libre de boire dormir crever s’y m’plaise
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-hX

 
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