Une aile et un pied de la part de Marin Sorescu

Vous, lampe
 
Éclairant sans faute
Par votre ampoule,
Terne restez et sotte
Le jour telle une poule.
 
Brillez sur les lieux
Moins qu’un seul chaton
Au lueur des yeux
Comme deux tisons.
 
Même à cette fichaise
Je vous aime beaucoup.
Car, si j’ n’étais chaise,
Lampe j’aurais voulu.
*
 
Sur ma chance de m’envoler
 
Une nuit, à la chandelle,
Quelqu’un me ficha une aile.
’Pas saisi aucun visage,
À cause de son déguisage.
 
Me dit-il : „Plante-la à ta guibole,
Fous le camp d’ici et vole”.
T’es cinglé, comment voler,
D’une seule aile et d’un pied ?
Passe-moi l’autre, frère,
Ne la caches plus derrière.
 
Il partit me l’apporter
Et j’attends à cloche-pied.
*
 
Sécheresse
 
J’ai honte de vous l’avouer :
Il est fou, le prunier !
De ses gonds il est sorti
Et parti droit vers le puits.
 
– Ou vas-tu, jeune-arbre, toi ?
– Que j’abreuve ma soif-là.
Mais le puits déjà séché,
Resécha d’un tantinet.
 
Le prunier boire s’y pencha
Sa corneille dedans tomba.
Pourvu qu’il en avait une,
Morte, elle, de fortune.
*
traduit du roumain par Tudor Mirică
*
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-i6

 
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