Deux poésies – George Bacovia

Lacustre
 
De tant de nuits pleuvoir j’entends,
J’entends la matière soupirant…
‘Suis seul, et mon esprit se rend
Au temps des logements lacustres.
 
Je crois dormir sur des planches moites,
Une vague me heurte – ébahi,
Je tressaillis : si à la hâte
J’ai pas tiré le pont-levis ?
 
Un vide d’histoire autour s’étend,
Aux vieux moments je me retrouve…
Et je sens, puisqu’il pleut autant
Comme les lourds pilotis s’écroulent.
 
De tant de nuits pleuvoir j’entends,
En tressaillant, en attendant…
‘Suis seul et mon esprit se rend
Au temps des logements lacustres.
 
*
Triste soirée
 
Rudement, chantait cette femme-là,
Très tard, dans la taverne déserte,
Une chanson barbare, mais pleine d’angoisse,
Et tout autour comme une émeute…
Rudement, chantait cette femme-là.
 
Rudement chantait cette femme-là,
Et nous étions une horde triste –
Par la fumée épaisse, comme par nuages,
Pensant aux mondes qui n’existent…
Aux longs, sataniques tortillages
Rudement, chantait cette femme-là.
 
Rudement chantait cette femme-là,
Et tout autour, comme une émeute…
D’aller chez nous n’étions capables,
Car nous plaignions les fronts au table,
Et sur nous, dans cette salle déserte, –
Rudement chantait cette femme-là…
*
traduit du roumain par Tudor Mirică
*
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-iH

 
Publicités

Poster un commentaire

Classé dans George Bacovia

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s