Venez avec moi, compagnons ! – Lucian Blaga

Venez- près de moi, compagnons ! C’est l’automne,
mûrit
l’absinthe en graines de raisin
et en gueules de vipères le venin.
 
D’une clameur je voudrais ce jour dédier
en l’honneur de ma sauvage merveille, qui s’en va
me laissant seul,
avec mes larmes,
avec vous,
et l’automne.
 
Venez plus près ! Et celui qui a
des oreilles qu’il entende :
les douleurs sont profondes seulement quand elles rient.
Que rie donc en ce jour en moi
l’amertume
et riant aux éclats qu’elle jette son calice aux nuages !
 
Venez- près de moi, compagnons, buvons !
Ha, ha ! Que clignote si étrange dans le ciel ?
Le croissant de lune ?
Non, non ! C’est l’éclat d’une grande coupe en or
qu’on brisa sur la voûte
avec un bras de fer.
 
Je suis ivre et voudrais démolir tout c’qu’est rêve,
ce qu’est temple et autel !
Venez- près de moi, compagnons ! Demain je mourrai,
 
mais vous laisse hériter
de mon crâne superbe, duquel vous boirez
l’absinthe
quand la vie vous passionne,
et poison
quand me suivre vous voudrez ! –
Venez avec moi, compagnons !
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-jm

 
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