Essais– Ion Caraion

 
Sommeil
 
Feuille,
feuille,
le vent t’emporte,
la pluie te porte,
éveillée rien qu’un instant
d’un long sommeil –
chutes,
pourris …
 
Toutes les choses chutent
en peines et en récits.

 *

Insomnie
 
Quel silence qui frappe
est en nous, qu’il est ténébreux !
Le sommeil arriva comme une grappe
dont manger je ne peux.
 
Le sommeil comme un blaireau arriva,
me renifler.
Etale tes matins, là,
neige en beauté !

 *

Eloignement
 
Par la porte ouverte – épaisse ceinture d’ombre
les peupliers éclataient vers le ciel.
Et ses doigts couraient sur le clavier,
tremblantes comme les feuilles du peuplier.
 
Les pas de quelqu’un dans la nuit se sont arrêtés.
Des yeux à elle comme la fumée d’une étincelle,
un papillon voletait.
 
Temps à la bâche grise.
… et je l’ai aimée cette femme,
qui jamais ne m’a posé de question.

 *

Candeur
 
Les arbres s’effilochent frivoles
dans leur écorce : de casserole.
 
Pour qui ne pleure pas, les épis en pâture
doucement murmurent, doucement murmurent.
 
La journée comme une génisse s’est arrêtée au vitrage
et dans notre solitude elle dévisage.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-jF

 
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