La Robe – Magda Isanos

Du coffre à l’odeur de mites et de santal
sortit grand-mère la robe de son apothéose.
Si mince elle est, légère comme un idéal,
comme si elle serait tissue avec peu-de-chose.
Qu’il est triste le froissement de la crinoline soyeuse,
ses volants s’effilochent sous la vieillesse,
remplaçant les rayons, des silhouettes gracieuses,
d’un autre temps, dansent à travers la pièce.
 
Revoit – en jeune – le bal premier, l’ancienne,
elle reconnaît sa robe de jeune galante
sur le satin sa main tremblante promène
d’une grande émotion toute frissonnante.
Et quand elle penche son front et plus s’apaise
elle est si recourbée sous le vieux châle Mémé …
Qu’est devenue la charmante danseuse
qui a flotté en sa robe de soirée ?
Les jambes si mignonnes et si légères,
les yeux , et le sourire qui rayonnait,
dans le petit corps de la voûtée grand-mère
comment donc, ils moururent à jamais ?
M’ont répondu, alors, les ternes parures,
peut-être même la vieille dans son vieux châle ;
ils dansent encore, car jamais ne moururent,
toujours changeant de robes, le premier bal.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-kA

 
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