La monnaie sur table – Ana Blandiana

 
J’ai une coutume presque monstrueuse –
Je n’aime pas être l’obligée de quelqu’un.
Au docteur qui me guérit j’envoie des fleurs,
Pour ma santé des œillets
Et nous sommes quittes.
Au garçon je laisse la monnaie sur table,
A celui qui m’offre un cadeau j’en fais un encore plus beau,
A celui qui me sourit je souris,
A celui qui me grimace je souris.
Je solde tous les comptes de cette façon,
En restant au-dessus,
En coupant tous les ponts
Mais, quelquefois,
Une envie folle me vient
D’être reconnaissante à quelqu’un,
De ramper à genoux en remerciant,
De crier : « Je ne suis digne
Même au prix de ma vie de rendre tant de bonté ! »
Mais derrière moi tout est payé.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/s1wz5y-1302

 
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