Ballade d’une petite cigale – George Topârceanu

Sur des collines rabougries,
Sur des champs tout en guenilles,
Arriva d’un coup, comme ça,
L’automne sombre que voilà.
 
Longue, maigre et fofolle,
Baptisant la nature molle
D’une liasse de mort-aux-rats,
Quand elle secoue ses guiboles,
Autour d’elle et plus loin
Elle répand à hue et dia
Pluies chétives,
Feuilles mortes,
Gouttes de boue,
Coups de froid …
 
Et quand des montagnes arrive,
Empestant
Et larmoyant,
Les chardons de la vallée
Se cachent tous dans des ravins,
Et les églantiers des berges
Ils l’accueillent dans l’allée
Avec des hâtifs câlins…
 
Sur la pente, en montée,
Depuis sa hutte en argile
Une cigale s’est montrée,
Noire, petite, d’encre mouillée
La brume sur ses ailes fragiles :
 
Cri-cri-cri,
Automne gris,
J’pensais pas que t’atterris
Avant que Noël passait,
J’aurais même pu ramasser
Un p’tit grain le plus petit,
Pour ne pas en emprunter
Chez ma voisine la fourmi,
 
Parce qu’elle ne m’en donne tintin
Mais se vante à tous enfin
Comme quoi je vais quémander …
Mais maintenant,
Dit-elle d’une voix vannée
Remuant son petit pied,
Mais maintenant c’est terminé …
 
Cri-cri-cri,
Automne gris,
Suis-je si petit et si peiné !
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-lq

 
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