Cantique – Arcadie Suceveanu

 
Il neige pesant comme une envie de disparaître,
Des grands désastres de flocons se passent dans l’air.
D’une triste maison lointaine, à sa fenêtre,
Un chant s’entend dans la nuit : lerui-ler.
 
Maintenant, là-bas, il neige comme une merveille,
Les gros sapins sentent la naissance sacrée
Lentement s’éteignent dans leur tardive veille
Deux arbres comme deux torches, finement cendrés.
 
Leurs ombres comme en rêve elles m’apparaissent
Veillant à ma fenêtre si lourd et si pieux,
Comme si en leur silence remplie de tristesse
Il moule sa parole Lui-même, le Bon Dieu.
 
La balance du temps se penche dans son erre
Aux grandes flammes gelées touchant leur nid.
Paraissent engloutis par une étrange lumière,
Et lentement s’achèvent, par âpres cols bannis.
 
Sur leur cime gèle un nimbe pur de brume,
Dans ma poitrine s’affaire un fer aux dents ;
Et plus souvent j’entends une amertume
De la partie du monde côté parents.
 
Sur chevaux de neige je volerais vers ma coquille
Tomber sur le seuil, entre congères bâti,
Et l’horloge du monde, aux sombres aiguilles
Le retourner de, simples, leurs deux vies.
 
Mais il neige dans la nuit. Un sortilège
De lerui-ler sur un final emphatique.
Je souffre… Je m’endors le front en neige,
La raison coulée dans ce pauvre cantique.
*
traduit du roumain par Tudor Mirică
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-or
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