Archives mensuelles : mars 2012

Te rappelles-tu la plage – Ana Blandiana

 
 
Te rappelles-tu la plage
Pleine d’amers coquillages
Sur lesquelles nous
Ne pourrions marcher les pieds nus ?
Ta manière
De regarder la mer
En disant que tu m’écoutes ?
Te rappelles-tu
Les mouettes irascibles
Répondant à l’appel
Des cloches d’une église invisible
Vouée aux harengs,
Ta manière
De t’éloigner en courant
Vers la mer
En me criant qu’il te faut
De l’espace
Pour me regarder ?
La neige
S’éteignait
Mélangée aux oiseaux
Dans l’eau,
D’un presque joyeux désespoir
Je regardais
Les traces de tes pas sur la mer
Et la mer
Se fermait comme une paupière
Sur l’oeil dans lequel j’attendais.
*
traduit en français par Tudor Mirică
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-qw

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Journal d’automne augsbourgeoise – Ioana Geier

La pluie allongée sur les pins
des bourdons en différentes directions
des voix entrant-sortant par
la palissade bien ouvragée
 
mon sang gelé dans les films
avec un mâle minuscule
 
quelque part ma mère ramasse
du millepertuis dans le fauteuil aux ressorts cassés
devient sa propre parente
et boit le thé
 
***
L’air porte des vertèbres tyranes –
entre les cloisons olive
inconnue une araignée descend
le maître apprivoise le domestique
en le rendant sauvage
 
des anges difformes puisant la vigueur dans son sang
accrochent sur moi leur vécu
je ressens à l’intérieur
un ordre différent
 
***
la distance du léopard disparaît subitement
entre l’état de veille et l’état de sommeil
ton signe sur des roues magiques
les bas dorés dans la métamorphose du chaos
grain de sable son de feuillages
encore des feuillages
je grimpe brûle en fleurissant
en dimensionnant les cendres
 
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-qr

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la première traduction …

 
 
… publiée sur notre site a déjà un an d’âge …
d’un mois à l’autre, nos amis et lecteurs nous ont aidés, pour faire (un peu) mieux ce qu’on avait commencé
l’anniversaire d’une année depuis le début est l’occasion de vous remercier tous, pour votre fidélité et soutien ! sans aucune hiérarchie, merci aux amis :
 
Bernard Réa pour la suggestion faite (juste à temps), d’ouvrir un site parallèle avec les originaux en roumain,
Angela Mamier-Nache pour tous les contacts qu’elle nous a permis en Roumanie et à travers le monde, pour son effort de nous faire connaître
Rodica Marcu pour les suggestions poétiques pertinentes et l’attention de nous signaler avec patience nos fautes d’orthographe et plus encore …
Carmen Pompey, pour tout … notamment pour l’idée de nous rapprocher, modestement et fortement, des yeux d’un mentor – maître de la traduction – le poète Romulus Vulpescu
Radu Florin Vasilescu, Alexandru Sincu, pour l’attention avec laquelle ils nous ont suivis, lus et soutenus
 
Marina Nicolaev, Ioana Geacăr, Adrian Erbiceanu, Daniel Drugea, George Paşa, Adrian Munteanu, Liviu Ofileanu, et à tous nos lecteurs, ceux qui ont fait connaître à leur tour nos sites parallèles et grâce à qui nous avons réussi dans l’année la publication de 285 articles, avec 8948 visites sur le site de traductions en français et 7045 visites sur le site en langue roumaine.
 
Merci de rester avec nous, à lire les dernières traductions de Virgil Carianopol, Anghel Dumbrăveanu, Aurel Sibiceanu, Nicolae Ţaţomir …

mais aussi, de visiter nos récents sites de poésie classique roumaine,
 
http://lyriqueclassiquero.wordpress.com/
 
http://poezieclasica.wordpress.com/
 
et le site où vous trouverez les essais de voyages de Tudor
http://atelier.liternet.ro/articol/11718/Tudor-Mirica/Balcanii-I.html
 
A bientôt, en toute amitié,
Cindrel Lupe, Tudor Mirică.

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Deux poésies de Nicolae Taţomir

 
 
Terra
 
Cruche d’argile avec deux anses :
L’une la vie, l’autre – partance.
Un pas vers les orgues du simoun,
L’autre vers la harpe blanche de la lune.
Tantôt sur le bras d’Odette, un instant,
Tantôt sur l’aile d’Odile en blanc …
 
Sous ses croûtes bien émaillées
La cruche nous attend dans les entrées
La proposer dans la maison
Sur des offrandes de blé et poisson,
Avec de l’eau vive, pas de Léthé,
Apaise l’éternel besoin d’un assoiffé.
 
En rive de tout bon souvenir
Le charme d’Odile va en pâlir.
Cruche vide avec deux anses
Loin, vers la source, flotte en errance,
Là où l’attend patiemment
Odette la douce avec plein de jugement.
***
 
L’Orchestre muet
 
Elle est en cire la flûte, en peluche les tambours;
En feutre la contrebasse, viole et hautbois.
Les violons enfoncent dans du velours leur poids
Lorsque la corde en soie frémit sous l’archet dur.
 
Enveloppant l’orchestre des mêmes gestes vrais
Qui flottent ondulatoires, gothiques, dans le frisson
Qu’habille de noir le chef d’orchestre, cette vibration,
Piquant telle une aiguille, sa baguette argentée.
 
Les auditeurs en salle, hommage floréal
Par de frêles pétales, demandent timidement
Un bis de ce silence prônant magistralement
Joué molto vivace, exquis,  juste au finale …
 
Oh, instant si pénible, lourd comme du plomb pesé,
Quand les arômes enivrent, couleurs croissent inutiles
Et par-dessus les cordes l’archet glisse, futile
Tirant un son unique du cœur, de la pensée !
 
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-qi
 

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