Trois poèmes – Miron Radu Paraschivescu

 
Avant-propos
 
A coup sûr y’a un démon qui hante le corps mien
Perçant mon sens d’un pic bien aiguisé.
Me dit du mal de tout ce que je pensais être bien
Me pose des questions auxquelles je me tais;
Me plante dans l’âme, tel dans une pépinière,
Un plant du doute, issu de mon labour muet,
Pareil qu’une ombre qui croît de la lumière,
Pareil qu’une nouvelle force puisée dans l’arrêt.
Souvent, ce pic tout noir devant l’orage,
Le vois brillant sur l’horizon serein
Et le juron me semble un parler sage.
A coup sûr y’a un démon qui hante le corps mien.
 
*
Tocsin
 
Perdus visages, dans un épais crachin
Que la mémoire voit à travers les draperies
Alors elle me laisse comme un orphelin,
Se retrouvant en elles une autre vie.
 
Les spectres ravivés offrir je veux
A ceux qui vivent, mais la peur m’emporte
Que les bâtisses de brume briser je peux
Et un silence lourd ferme la porte.
 
Je ne suis qu’un tocsin silencieux,
Sur son airain le vent parfois se porte.
*
 
Le violon
 
Comme il gît dans son petit couffin, couché,
Le violon semble deux fois décédé.
Figé à mort, le tout fidèle archet
Se tait éternellement à ses côtés,
Lui qui allègrement touchait les cordes,
Là, aucune mélodie il ne porte,
Vous savez bien que un violon je suis
Qui joue pour ne pas mourir, mes amis.
*
 
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-rH
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