Poésies – Alexandru Alexianu

 
Épitaphe
Ô, comme j’ai eu mal quand on m’a mis de la terre autour…
Tous sont partis sans tarder après ça.
–  „ Les fourmis amies, déjà il fait jour… !”
Je sens la rosée qui s’écoule sous mes doigts.
 
Il fait jour pour tout le monde
Pour ma brune amie aussi… Quel était déjà son nom… ?
Par dessus mon coeur un arbre a poussé
Et l’automne prochain les oiseaux le cueilliront.
 
La nuit tombe sur les yeux et les mains…
Des jours et semaines sont passées déjà.
Je suis maintenant comme n’importe quel arbre,
Me baignent les torrents, me pique le frimas.
 
Les faibles, les maladroites mains fines
Se sont nouées comme des racines…
J’ai rencontré là-bas les plus grands nyctalopes,
Les reliques des saints et les taupes.
Grouillent en moi les rêves et les vers…
Je suis une partie du verger de l’été, de l’hiver.
 
Qu’il passe vite le temps, ci-dessous… !
Voilà je m’émiette chaque jour. Je m’émousse…
Et l’habit se dissout et la main se dissout
En sus de mon coeur c’est un arbre qui pousse…
*
 
Chanson
Hélas …, si je pourrais un jour oublier de ma vie… ?
De cette jouvence sans fin et folâtre
De son feuillage sonore comme un fouillis
Et tous les oiseaux en moi cessent de débattre…
 
Je ne jouerai plus, ne rirai plus à l’azur
Avec une joie autant douce qu’amère,
Les seins des filles – comme des grappes dures
Je ne cueillerai plus chaque soir éphémère.
 
J’aimerai pareillement aux saules et aux eaux,
Ma vie serait un sommeil profond d’herbe folle,
Mon rêve ne me verrouillait plus les idéaux,
Mon désir serait dévot comme une auréole… !
*
 
Les ombres du sommeil
Chaque chose bourgeonne par dessous
Comme les herbes, sans tressaillir
Les gens transportent fatigués leurs masques
Pour une bizarre sauterie.
 
Les guêpes n’ont plus d’aiguillon et venin,
La route se ferme comme dans une tasse,
Les domestiques marchent sur les tapis mous
Pour ne pas réveiller la mort d’en les hôtes.
 
«- Oh, qu’elle me ferait du bien, la pluie, de couler
Arroser les acacias, secouer leurs colliers »
Les gardes des portes ont laissé leurs boucliers
Et sont entrés dans l’eau chaude de la terre.
 
Maintenant je voudrais être une foulque blanche
Sur les mares profondes du sommeil.
Pourquoi ne tire-t-on une fois les verrous
Afin, mon ami, d’y rester toute la vie ?
*
Traduit du roumain par Tudor Mirică
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-sZ
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