Archives mensuelles : octobre 2012

Toujours Petre Stoica …

Vers le romarin de l’histoire
 
Et encore nous sommes au pays
casanier je t’apporte du bois de l’eau potirons
le chien souhaite partager son rêve avec nous
mais s’assoupit près du feu de grotte bénie
j’allume et pour l’instant tu es la fée de l’icône
et puisqu’il fait automne cela sent le pétrole ménager
et les pommes sur l’écrin ont un goût d’éternel
très tard nous lisons dans des vieux calendriers
tout est jaune sinon brun et infiniment oublié
nous-mêmes sommes des lettres en bières des païens
mais n’aie pas peur – bientôt hennissent les chevaux
attelés au traîneau dans la photo d’en haut
ils nous porteront par le champ tout blanc
vers le romarin de l’histoire
 
 
Nous flottons sur l’abîme mauve
 
Oh quel silence sur la rue de l’oiseleur jaune
et remplie des chansons du pinson est la gueule du chat
voyons donc ce que vous en ferez du carbone voyons
si vous ne deviendrez pas des duplicata des fois
vous les cultivateurs d’aneth vous les philosophes
la rue de l’oiseleur disparaît dans la brume marine
survivants du désastre deux par deux nous
flottons sur l’abîme mauve patiemment cherchant
le navire de la vérité Jésus Christ comment se fait-il
que je n’ai pas su
 
 
Astrophiloscoporos
 
Ouvrez le livre à la page quatre vingt neuf il est
question de culture des géraniums et comment préparer
la venaison plus bas trouverez la définition bien précise
de la vraie littérature à la page cent et cinq
recevez des sentences des astuces pour la gym en journée
ou comment inviter votre timide mariée au lit au bas de
la page sont les babouches et un astérisque qui traduit
le mot astrophiloscoporos et avant le coucher
lisez aussi la page finale là on y explique
la direction à prendre après le trépas
*
 
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
 
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-u3
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Comptabilité – Marin Sorescu

Un jour arrive
Quand il faut tirer en dessous de nous
Un trait noir
Et en faire les comptes.
 
Quelques moments quand on a failli être heureux,
Quelques moments quand on a failli être beaux,
Quelques moments quand on a failli être des génies,
Nous avons rencontré plusieurs fois
Des montagnes, des arbres, des cours d’eau
(Où seraient-ils ? Sont-ils encore vivants ?)
Tout cela nous donne un futur lumineux –
Que nous avons vécu.
 
Une femme que nous aimâmes
Et la même femme qui ne nous aima pas
Font zéro.
 
Un quart d’années d’études
Font plusieurs milliards de mots fourragers,
Dont nous avons éliminé la sagesse pas à pas.
 
Et, enfin, une destinée
Et une autre encore (d’où sort-elle, celle-là ?)
Font deux (On en écrit une et on en garde une,
Peut-être, qui sait, il y a une vie dans l’au-delà).
*
 
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-tU

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Poèmes – Petre Anghel

 
VOEU
 
Fasse que jamais ne puisse t’atteindre
La main des méchants,
Que jamais le vent ne retourne les bas
De ta chemise
Même s’il s’habille en ouragan.
 
Lorsque te suivront en marchant
Tel une gazelle dans la brousse,
Les fils des gents
Qu’ils n’osent pas pointer leur arc
Car leur sang pourrait s’écouler de leurs veines.
 
Fasse que tu restes près de ton élu
Immuable,
Tel que David restait accolé
Aux colonnes de Sion,
Et Marie Madeleine
Aux pieds de la sagesse.
 
Et pendant que s’accomplira
Tout cela
Que Dieu t’apprenne
La leçon du silence.
*
 
PSAUME PEDAGOGIQUE
 
Bénis la lumière, mon fils,
Et lis attentivement l’obscurité
Avec ses infinies facettes :
Pour mieux regarder le blanc
Et pour savoir ce que tu dois éviter.
 
Bénis le haut et le bas,
Paires de la fierté et de l’esprit,
Les deux peuvent t’amener à bon port
Si tu as un habile navigateur.
 
Parle que du bien de la terre,
Et des eaux qui la traversent,
Aime ses profondeurs et protège-lui
Les limites quand il y a du danger et du gel.
 
Et si tu ressens ta gorge serrée
Par des injustices et des vils accords,
Bénis le ciel, mon fils,
Où on t’a dressé ton refuge éternel.
 *
 
ORDONNANCE CONTRE LA TRISTESSE
 
Commence d’une formule standard
Bien liée dès l’aube sainte,
Et si t’es sûr d’être éveillé,
Tu peux marcher sur la glace sans crainte.
 
Lorsque n’entend un gazouillis d’oiseau,
Penses à ce qu’il eût et que sera nouveau,
Comment penchaient les cerisiers en fleur
Et comment Renoir peignit un chapeau.
 
Tu vas t’marrer, car même Salvo Dali
Avait couvert une nana d’un compas,
Pas de mal, je l’avais peinte vivante,
Mais l’ai perdue quand même en jouant trop sur l’as.
 
Ensuite tu passes à d’autres genres de plans
Qu’il serait bon d’avoir une chaise longue
Et te rappelles d’une fille
Qui te faisait languir, oncques.
 
En ce temps t’écrivais des poèmes, il me semble
En rimant passion et raison
Le bien le voyais chez les autres seulement
(C’était chez toi, tu ne fusses pas son compagnon)
 
Mais si maintenant même tu ne souriras
Cela veut dire que t’es né trop moche,
Donc, ne reste plus des heures sur faisbouc,
Et va transpirer comme la mouche du coche.
 *
 
ŒIL DE VAUTOUR
 
Hier encore
Je regardais tel le chasseur
De lions,
Jamais je n’ai raté de la lance
Ou de la parole.
 
Fière réputation j’avais acquise
Pour le labour à un seul cheval
Je le montais,
Lui il laissait des traces
Que les oiseaux venaient renifler.
 
Les yeux,
Ces taches
Qui larmoient
Chaque fois quand
Je revois le matin
Et j’y pense
A la vie d’après vie.
 
Le vautour
Ne demande à manger
A personne
Et personne ne l’a vu
Se lamenter.
 
Son œil est son cerveau.
 *
 
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain :
 http://wp.me/p1wz5y-tQ

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