Poèmes – Petre Anghel

 
VOEU
 
Fasse que jamais ne puisse t’atteindre
La main des méchants,
Que jamais le vent ne retourne les bas
De ta chemise
Même s’il s’habille en ouragan.
 
Lorsque te suivront en marchant
Tel une gazelle dans la brousse,
Les fils des gents
Qu’ils n’osent pas pointer leur arc
Car leur sang pourrait s’écouler de leurs veines.
 
Fasse que tu restes près de ton élu
Immuable,
Tel que David restait accolé
Aux colonnes de Sion,
Et Marie Madeleine
Aux pieds de la sagesse.
 
Et pendant que s’accomplira
Tout cela
Que Dieu t’apprenne
La leçon du silence.
*
 
PSAUME PEDAGOGIQUE
 
Bénis la lumière, mon fils,
Et lis attentivement l’obscurité
Avec ses infinies facettes :
Pour mieux regarder le blanc
Et pour savoir ce que tu dois éviter.
 
Bénis le haut et le bas,
Paires de la fierté et de l’esprit,
Les deux peuvent t’amener à bon port
Si tu as un habile navigateur.
 
Parle que du bien de la terre,
Et des eaux qui la traversent,
Aime ses profondeurs et protège-lui
Les limites quand il y a du danger et du gel.
 
Et si tu ressens ta gorge serrée
Par des injustices et des vils accords,
Bénis le ciel, mon fils,
Où on t’a dressé ton refuge éternel.
 *
 
ORDONNANCE CONTRE LA TRISTESSE
 
Commence d’une formule standard
Bien liée dès l’aube sainte,
Et si t’es sûr d’être éveillé,
Tu peux marcher sur la glace sans crainte.
 
Lorsque n’entend un gazouillis d’oiseau,
Penses à ce qu’il eût et que sera nouveau,
Comment penchaient les cerisiers en fleur
Et comment Renoir peignit un chapeau.
 
Tu vas t’marrer, car même Salvo Dali
Avait couvert une nana d’un compas,
Pas de mal, je l’avais peinte vivante,
Mais l’ai perdue quand même en jouant trop sur l’as.
 
Ensuite tu passes à d’autres genres de plans
Qu’il serait bon d’avoir une chaise longue
Et te rappelles d’une fille
Qui te faisait languir, oncques.
 
En ce temps t’écrivais des poèmes, il me semble
En rimant passion et raison
Le bien le voyais chez les autres seulement
(C’était chez toi, tu ne fusses pas son compagnon)
 
Mais si maintenant même tu ne souriras
Cela veut dire que t’es né trop moche,
Donc, ne reste plus des heures sur faisbouc,
Et va transpirer comme la mouche du coche.
 *
 
ŒIL DE VAUTOUR
 
Hier encore
Je regardais tel le chasseur
De lions,
Jamais je n’ai raté de la lance
Ou de la parole.
 
Fière réputation j’avais acquise
Pour le labour à un seul cheval
Je le montais,
Lui il laissait des traces
Que les oiseaux venaient renifler.
 
Les yeux,
Ces taches
Qui larmoient
Chaque fois quand
Je revois le matin
Et j’y pense
A la vie d’après vie.
 
Le vautour
Ne demande à manger
A personne
Et personne ne l’a vu
Se lamenter.
 
Son œil est son cerveau.
 *
 
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain :
 http://wp.me/p1wz5y-tQ
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