Marius Marian Şolea – UNE TOUAILLE ET UN CHOUIA D’AMOUR

 
 
 
Poème étendu
 
Par ce temps-ci, quand le monde entier pendouille
comme une sculpture en chaînes, le silence buta contre le vent.
la chair rouilla et la chair chante encore.
 
dans ma maison il y a plus de solitude, et de la liberté
encore plus. la raison de mesurer l’amour avec le corps,
même avec certains mots…
 
l’année dernière, en même saison, loin au large,
la mer n’était plus eau, seulement un son tout rond.
 
ni le monde n’est toujours temps,
des fois seulement une proche absence
 
*
 
Ici
 
Ici la pauvreté est de plus en plus belle,
les poètes la chantent et personne n’en a plus honte.
courtisane des roumains se donne sous tous les ponts,
nous avons des ponts même au-dessus des rivières desséchées.
 
des lumières sans importance attendent les aubes dans les rues,
les enfants jouent et rient encore,
les zippers de la nuit brillent
comme des dents en or.
 
ici toutes les causes sont pleines de mystères,
nous attendons tous que d’autres nous répondent.
le temps traîne derrière lui une chaîne lourde et fatiguée,
au bout de laquelle il a enchaîné la mort.
 
il ne serait grand’chose à dire si lui
ne crierait de loin pour qu’on l’accueille
avec une joie honnête
par cités et villages. personne n’ose
délivrer la mort.
dans les campagnes les enfants caressent l’affût des bêches,
à la ville ils n’y pigent rien.
 
et le temps passe toujours chez nous comme un vaillant sans âge,
la taille ceinte d’épaisses mailles, traînant
derrière
une chose,
que ne pouvons voir maintenant et les gens attendent
les aubes dans les rues.
le temps n’en parla à personne…
mon pays n’est plus que mon sentiment envers lui,
et la Roumanie d’aujourd’hui
est l’antiquité du monde qui viendra.
 
*
 
Le château vide
 
La jeunesse est comme la couronne d’un roi seul et aveugle.
des fois, il te faut dans la vie,
quand tu te regardes dans le miroir…
 
une preuve !
c’est ta preuve quand tu élèves ton front
et le touches de tes mains.
sur les sentiers du jardin personne n’y marche,
je ne crois même pas à leur tentation,
elles sont imposées.
t’en choisis une si facilement
et suite à un mouvement hâtif,
des fois plus mature,
la couronne roule par terre.
devant ou derrière, jamais de côté.
 
aller où si tu n’es plus roi,
revenir d’où
lorsque tu n’es plus ce qui tu as été ?
 
et tu marches ainsi, t’accrochant au chant des oiseaux
et aux feuilles,
sur un sentier bien à toi, comme un ride,
qui jadis était une voie royale,
et maintenant se fond dans la nature.
 
*
 
Poème de la cuiller chère
 
Je suis descendu ici comme en tranchées.
de la j’accueille les gens, et le temps
plein d’optimisme.
pour un temps indéfini j’ai de quoi m’en occuper …
 
seulement enterré on sait comment défendre la terre.
le reste c’est des fadaises.
et ce pays ressemble tellement
à une écuelle …
 
être ici est la seule fatalité
que les papillons seulement peuvent expliquer.
dans les veines de l’âme j’ai un mélange
de terre, sel et sang.
plus lourd que le corps,
il s’élève de biais
et tombe à la verticale.
 
je vois Dieu
avec ses gestes surs et calmes
lorsqu’il vient déjeuner chez nous.
et souvent s’essuie la bouche avec la manche.
 
*
 
Les horloges
 
Dieu marche dans les greniers
réparer et mettre à l’heure
des horloges en fontes reniées.
Sa veste en laine peu chère
a les boutons assortis.
le Vieux est venu pressé
une convention mesurer
ou une sociale saison,
s’il faut quelque chose corriger
où même un banal bouton …
 
du grenier on voit le monde
sur la terre comme au ciel
colombes viennent sur ses épaules
elles périssent, ou battent des ailes,
pas la peine de les compter.
les rues promènent des gens,
certains ont la même figure
ils les reconnaît à peine
en passant sous les lampes blêmes.
jusqu’au Pâques il garde la peine …
 
ding-dong-dang et dong-dang-ding,
mélodies un peu vieillottes
qui se touchent dans les villes
sur des paires de gens, nos potes.
qui s’retirent pour faire l’amour
dans un coin bien assombri,
et sans la pitié céleste
moquent la Mort dessous leur lit.
 
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-uH
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2 Commentaires

Classé dans Marius Marian Şolea

2 réponses à “Marius Marian Şolea – UNE TOUAILLE ET UN CHOUIA D’AMOUR

  1. florin

    Din nou pe frontiera lirica dintre români si frantzuji, îndrumat de mâna abila a lui Cindrel…
    Si înca o data merci si multumesc.
    Imi permit sa afirm, dupa gustul si cultura mea, ca MMS mi se parea ambiguu în finalul ultimei poezii.
    Cred ca traducerea « et sans la pitié céleste/moquent la Mort dessous leur lit » ia o pozitie mai clara.

    Succese
    Florin

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