Archives mensuelles : février 2014

CHANSON POUR ANNE – Mircea Florin Şandru

 
Dans pas longtemps je passerai de l’autre côté,
Dans les rameaux ne restera que l’ombre, une cloche étoilée
Où je suis resté nuits et jours avec Anne. Douceur était son goût,
Sauvage était son corps, profonds étaient ses yeux, ses yeux noirs.
Lorsque le soir tombait, lorsque les rideaux étaient tirés, lorsque de menus feux
Vacillaient dans le foyer, je dessinais des fleurs sur sa peau.
Comme si tout me faisait mal. Encore j’entends le sang bouillir,
Le chant de la pluie, ses cuisses se touchant sous le drap,
Un son empourpré brillant dans sa chair
Et dans la mienne ; une musique montant d’en-dessous, une plainte venant
D’au-dessus. Un bouquet de genêts, un arbuste à thé, une grenade,
Un panier de noix, un gâteau d’anniversaire, sa jupe rouge
Oubliée sur l’écrin, la blancheur de son corps, perles dans des boites noires, en pierre,
Tout cela vit, gravé dans le feu,
Mon cortex fume; de ses cendres un bleu chérubin vole vers le ciel,
L’eau de la nuit s’écoule en gouttes menues; oh, jeune je fus, oh, jeune je fus.
Mais là dans pas longtemps je passerai de l’autre côté; l’être quittera l’être,
Dans les rameaux ne restera que l’ombre, une cloche étoilée
Où je suis resté nuits et jours avec Anne.
 
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain =
http://wp.me/p1pjp4-Ak
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