Spectacle – Emil Botta

 
L’élite prit place dans les stalles
et la foule en plein haut de la salle.
La loge logea un hasard en embarras
et un sort tragique en grand apparat.
Un fort désastre en avait assez
espérant encore que tout va passer.
Un naufrage somnole dans le fauteuil
emmailloté en linceul.
Un rhume
rôdait en costume.
Une innocence
brillait par une totale absence.
La pièce était un règlement de compte
entre la vertu et la honte.
La scène était un sanctuaire
où la vérité était tout à fait arbitraire.
Les acteurs baragouinaient leur sermon,
mais, lentement, les engloutissait le limon ;
à des moments, muets applaudissements,
aux médaillons, muets acclamations.
Et quand le rideau tomba
tous se mirent en combat
pour trouver l’auteur
qui a commis l’horreur,
en cinq actes, niaise
comme une crime à l’aise.
Alors apparut à la rampe Ariel
et gerbes de flammes et anémones
pour les trop honorables „dramatis personae”.
Et cette fiction, en encre de Chine, en fusain,
et le spectacle amusant
ont disparu au néant.
Du volume Le Ténébreux Avril” – 1937.
*
traduit du roumain par Tudor Mirică.
*
Lisez l’original en roumain=http//wp.me/p1wz5y-w9
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