Archives mensuelles : août 2015

C’EST LE CALME – Silviu Dachin

c’est le calme
les malades ont quitté les hôpitaux et nul n’a pu les arrêter
nous aurons une journée de joie ils ont dit
un jour où nous irons nous baigner
nous ferons des grillades et boirons le vin dans les foudres
tout le soleil du ciel et l’eau du monde entier
entreront dans nos corps dessèches
qu’il fait bon criera-t-on nous sommes vernis
d’être les bien-portants du monde
revenus d’une guerre d’où trop peu sont revenus
tant qu’on rira notre rire sera pur comme celui des enfants
les nôtres se tiendront aux abois peureux parmi eux
des docteurs infirmières pharmaciens
balançant leurs graves bobines des prêtres
aux manches retroussées sages rondouillards
responsables de la bonne marche du monde
finalement encore eux les pauvres les anges
après nous avoir rassembles et en gros tas assemblés
leur expliqueront en chuchotant que tout est paré
qu’il ne faut pas qu’ils se fassent du mouron pour nous
ange mais comment pourront nous voler sans que vous
ne battiez des ailes demanderons-nous
qu’est-ce qui nous porte si sur et serein sans que vous
ne battiez des ailes mon ange
dormez nous répondra-t-on
dormez
pour que demain matin vous puissiez recommencer
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain =

http://wp.me/p1wz5y-xi

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Hymnes pour ma Mère – Ana Pop Sârbu

Mère a 88 d’yeux. De tympans.
Elle traverse les pins dorés. La porte est grisonnée.
S’ouvre enfin. Comme un essaim d’abeilles
Autour de la Lune. Elle est jeune. De brocart dressée.
Ne se sépare du Ciel le moindre instant.
Mais le contourne. Comme une fumée.
Mère a les mains serrées.
Comme l’herbe tendre des sillons.
Sa poitrine porte une rivière. Le harnais des chevaux
La reliant abruptement au monde.
Mère est le vallon aux coquelicots,
Posé dans mon sentier…
*

De Soleil et de pourpre a les yeux, Mère.
En regardant par la fenêtre,
Les tient à moitié fermés.
Tremblants tel les rayons en collines
Qu’elle piétine. La tige du bois amer
Sursaute. La voilà, bourdonnant au couchant…
Des chansons en vers tendres
Bruissent tout autour.
Sur la tristesse du méchant
Perdu dans les contes.
Sur les âmes que porte l’histoire.
Tant de nuages se prosternent devant,
Bleutés, comme la foison de la pluie,
Qui ne vient plus.
Aux épaules elle porte cet habit de lumière,
A la mesure des mots ronds d’en dedans…
*

Mère a son histoire. Assise sur un tronc.
Regarde les murs épais. Les mains dans la glaise
Dénoue un secret. Scrute le zénith,
Les méandres de l’histoire. Parle bas de la mort…
La flamme des pensées flotte dans les airs
L’étouffe. La comble. Le jour est son gardien.
La nuit n’est pas pareille.
Les doigts seulement se tressent avec le vent…

*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain =

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