Hymnes pour ma Mère – Ana Pop Sârbu

Mère a 88 d’yeux. De tympans.
Elle traverse les pins dorés. La porte est grisonnée.
S’ouvre enfin. Comme un essaim d’abeilles
Autour de la Lune. Elle est jeune. De brocart dressée.
Ne se sépare du Ciel le moindre instant.
Mais le contourne. Comme une fumée.
Mère a les mains serrées.
Comme l’herbe tendre des sillons.
Sa poitrine porte une rivière. Le harnais des chevaux
La reliant abruptement au monde.
Mère est le vallon aux coquelicots,
Posé dans mon sentier…
*

De Soleil et de pourpre a les yeux, Mère.
En regardant par la fenêtre,
Les tient à moitié fermés.
Tremblants tel les rayons en collines
Qu’elle piétine. La tige du bois amer
Sursaute. La voilà, bourdonnant au couchant…
Des chansons en vers tendres
Bruissent tout autour.
Sur la tristesse du méchant
Perdu dans les contes.
Sur les âmes que porte l’histoire.
Tant de nuages se prosternent devant,
Bleutés, comme la foison de la pluie,
Qui ne vient plus.
Aux épaules elle porte cet habit de lumière,
A la mesure des mots ronds d’en dedans…
*

Mère a son histoire. Assise sur un tronc.
Regarde les murs épais. Les mains dans la glaise
Dénoue un secret. Scrute le zénith,
Les méandres de l’histoire. Parle bas de la mort…
La flamme des pensées flotte dans les airs
L’étouffe. La comble. Le jour est son gardien.
La nuit n’est pas pareille.
Les doigts seulement se tressent avec le vent…

*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain =

http://wp.me/p1wz5y-xe

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