La Grèce selon Ion Pillat

EPIDAURE
Le théâtre antique

Au ciel se suivent lentement les nuages
Et l’azur profond, éclairci en lumière.
Aux gradins s’assoient en silence, tour à tour,
Soit l’ombre, soit les lueurs passagères.

Autour, la forêt elle aussi se prépare
Un tendre visage de verte ramure.
Le tronc, la mousse et la feuille je peux voir,
Seule l’ère me reste obscure.

Eschyle, Sophocle, ici parlent encore
Et leurs voix frémissent dans les airs –
Les merles sifflotent des chœurs anciens
Et le vent, leur plainte amère.

Le théâtre désert est rempli par des dieux
Au corps diaphane du temps.
Le roc, et la feuille, ainsi que mon cœur
Ce souffle pénètre brûlant.
HELLAS

Des vieux oliviers et des rochers aux monts,
La mer couchée : un autre ciel, plus clair.
Tout ce qu’on touche est don ou bien prière,
Et les pinèdes au vent, la lyre sont d’Apollon.

Ou ces exquises colonnes, si tu préfères,
Dormantes sous l’ombre sainte d’un taillis.
La bucolique sonnaille du pays
Et les agneaux en pâturant les florifères.

Le sarcophage blanc entre coquelicots veux-tu ?
Ou bien en route la stèle d’une danseuse morte
Qui vient de capturer en marbre le vif vent ?

Mais laisse-moi voir, pour me sentir imbu
De son encadrement d’éclat fluide qui porte
Une île d’azur, la calme vague flottant.
*
Traduit du roumain par Tudor Miricặ
*
Lisez l’original en roumain= http://wp.me/p1wz5y-xZ

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