Archives mensuelles : septembre 2016

Sans aucun motif – Gheorghe Pituţ

 

L’été parfois on se rassemble
les forces
sous le toit de la maison du village.
Cinq frères parsemés
dans des foyers épars
à tour de rôle nous prions :
mère, fais-moi dormir
dans ton ombre,
protège-moi, père
par tes bras.
Il nous semble à tous comme si
nous ne serions pas tout-à-fait nés,
que bonne part de nos parents
nous est encore redevable.
Lors d’un jour de repos du village
resserrés autour de la table
ensemble
dans les yeux du père
vit le regard de ma sœur,
mes yeux et ceux de maman
font des leviers métalliques dans l’air.
Je ne sais pourquoi
Ils arrivent alors, de nulle part
sans mots, sans raison,
des pleurs qui secouent tellement la maison
qu’on entend aux cieux des poutres d’autres planètes craquer.
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain=

https://versionroumaine.wordpress.com/2016/09/27/fara-motiv-gheorghe-pitut

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ROMEO & JULIET – Mircea Florin Şandru

D’une dime sans âge – on paye le passage,
Aux brillantes portes des mariés morts,
Des ces endormis de ces moult chéris,
Flottant sur les eaux de ces sombres sorts.
La barque sur clapotis, Lethe s’assombrit,
L’œil referme la vie dans un songe vacille,
Devant notre face froide, bleue et lasse
Le soleil rouge tombe dans une vrille.
La rive se sépare, s’éteignent les phares,
Ombres apercevant, toutes se se suivant,
Seulement le désir et le souvenir
Troublent cette brume du fleuve innocent.
Bientôt on passera par ce long gué froid,
Dieu sait quand la barque s’y arrêtera
Nous rejoindrons ces cryptes oblongues,
Où toujours ensemble on y sera.
*
© Mircea Florin Şandru
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
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Lisez l’original en roumain =

https://versionroumaine.wordpress.com/2016/09/26/romeo-juliet-mircea-florin-sandru

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L’Erreur – Geo Bogza

Ils me donnaient tous la chasse.
En m’attribuant toutes sortes d’illusions,
me chassaient.

Certains me prenaient pour un esturgeon.
Se voyant déjà devant les bols de caviar.

Ils me donnaient tous la chasse.
Persuadés que la chance leur ressort une proie
formidable, me chassaient.

Certains me prenaient pour un cachalot,
Avec des yeux brillants comptaient mes tonnes de graisse

Ils me donnaient tous la chasse.
Poursuivant obstinément leur bonheur glouton,
me chassaient.

Moi je n’étais que le pauvre mât
D’un navire depuis longtemps brisé.
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.

Lisez l’original en roumain = https://versionroumaine.wordpress.com/2016/09/03/eroarea-geo-bogza

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