Archives mensuelles : avril 2017

Après une lecture de Eminescu … – St O Iosif

Je lis … Sous ma paupière s’écoulera
Brillant en bas, au long de mon visage,
Une larme … et je te relis encore, sage
Comme si je te lisais pour la première fois !

Quels horizons nouveaux, que tu m’éclaires
Du rayonnant génie de ton esprit !
Un monde idéal tu me génères
Par-dessus tout, jettes un suaire maudit
Si sombre voletant haut, dans les airs…

Et les cordes sous une neige de pétales
Soupirent comme en rêve, touchées à peine
Par tous tes doigts si pâles et si froids,
Par tous tes doigts si froids et si pâles…
sous ta main maîtresse gémissant…
Ton front tu le couronnes de lauriers,
De lys, de nénuphars, bruyères ambrées,
De rosiers ramassés dans des près…

Flottant aux cimes par tes ailes porté,
Enveloppé en nues, tu mets ton sort
En sainte apothéose de la mort…
Tu peux inscrire le nom que tu portes
Aux pages du livre de l’immortalité…
Tant qu’on engendrera un chant humain,
Un vers si doux qu’il en réchauffe le cœur
De la plus petite et humble des demeures
Dans ce glorifié parler roumain !
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain =

https://versionroumaine.wordpress.com/2017/04/28/dupa-o-citire-din-eminescu-st-o-iosif

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Classé dans Stefan Octavian Iosif

Le pommier près la route – Mihai Beniuc

Pommier suis-je, près la route et sans barrière.
Je porte mes rouges pommes qui brûlent fières.
Errant, prends-en de mes fruits et sans honte,
Car à personne tu ne rendras compte.
Et si jamais tu voudrais dire merci,
Dis-le à la terre dont je suis sorti.
C’est le pays qui près son sein nous tient
Nous nourrissant les deux par tout son bien.
Quand le printemps me chauffe de son ardeur
Je ne suis qu’un foisonnement de fleurs,
Et quand l’été de son jus m’abreuvera
Mes branches feront révérence jusqu’en bas,
En témoignage de mon dévouement,
Pour ceux à qui je montre sentiment.
Lorsqu’en automne, de fruits mes bras sont lourds,
Je m’offre aux humains avec amour.
Et quand mes feuilles-bijoux viennent de tomber
Et d’un manteau de neige je suis paré,
Je serre très fort la terre dans mes racines
Faire front au vent qui plie mes origines.
Et chaque année je suis plus généreux
Et chaque année donner je suis heureux.
J’aime les enfants qui bercent dans les rameaux
Portant au cou des brins de saints flambeaux.
Et j’aime pareil les jeunes filles pucelles
Touchant l’échelle de leurs jambes belles,
Pleins le giron et leur sein de fruits mûrs,
Riant toutes rougissantes de plaisir.
Alors j’oublie tous ceux qui ont jeté
Des pierres dans ma couronne cet été,
Et me rappelle le printemps passé, quand
Près de mon tronc deux jeunes, s’embrassant,
Cueillirent mes fleurs, qu’elle mit dans ses cheveux
Et lui dans son chapeau, beau comme un dieu.
Pommier suis-je près la route et sans barrière.
Je porte mes rouges pommes qui brûlent fières.
Errant, prends-en de mes fruits et sans honte,
Car à personne tu ne rendras compte.
Et si jamais tu voudrais dire merci
Dis-le à la terre dont je suis sorti.
C’est le pays qui près son sein nous tient
Nous nourrissant, les deux, par tout son bien.
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain=

https://versionroumaine.wordpress.com/2017/04/28/marul-de-langa-drum-mihai-beniuc

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Classé dans Mihai Beniuc

il fût un soir et des arbres – Silviu Dachin

un serpent vint alors monté de toutes pièces

femme dit-il gentiment
il nous manque de choses je sais
mais regarde toi-même autour de toi
il y a du soleil

il monta dans l’arbre et attendait

regarde dedans c’est vert c’est bleu printemps
allez ne me regarde pas comme ça
pensez-y peut être il n’y a pas de porte
or il y en a mais derrière il n’y a rien

il sifflait de mieux en mieux le parler humain

si je te suis
il ne faudrait pas que tu questionnes de la sorte
car rien de mal n’y arrivera
tiens je vais monter un mur tout autour

que dire encore demandait-il qu’est-ce qu’il faut que je dise encore

nulle part
je ne suis nulle part
elle n’y est non plus
il n’y a que des arbres ici
rien que ça
*
Lisez l’original en roumain =

https://versionroumaine.wordpress.com/2017/04/28/a-fost-o-seara-si-pomi-silviu-dachin

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RAMEAUX – Vasile Voiculescu

Le temps était si tendre, les brumes sur les près
Et les sons du bourdon dans la ferraille des tours,
Au seuil chantaient les coqs qui des pluies annonçaient
Leurs cous tendus vers les ruissellements du jour.

Sur les coteaux noircis avec leurs moites orées
Germaient des brins de bourgs que la route égarait,
Rampant, quittaient l’hiver les hameaux boursouflés
En sortant au soleil leurs bonnets de fumée.

Au loin, dans les jachères, errant comme oubliées,
Une meute de chèvres broutait humblement et serein ;
Montant vers les collines, des vaches préoccupées,
Marchaient obéissantes d’un gamin et d’un chien.

Une paisible tristesse mettait, sans une prière
Dans chacune des poitrines une tristesse sans pardon ;
La lumière riait, en rues et cimetières,
Mais se risquait à peine dans les huttes en limon !

Le Seigneur du printemps, toute la terre l’attendait,
Jésus apportait l’herbe. Et les saules au gui
Dégrafaient leur manteau clos par des bourgeons frais
En courbant leurs rameaux, le posaient devant lui.
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe

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Lisez l’original en roumain =

https://versionroumaine.wordpress.com/2017/04/06/florii-vasile-voiculescu

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Le Paradis – Ioanid Romanescu

quand les poètes existent c’est une merveille
les poètes ne naissent pas sont déjà nés
les poètes ne dorment pas seulement ils rêvent
et des poètes on n’en a jamais assez

les poètes n’ont ni religions ni dieux
les poètes n’attendent jamais sur le parvis
les poètes n’écorchent pas la liberté
ils sont les plus angéliques des insoumis

les poètes n’ont pas de familles mais d’égéries
les poètes par exemple ils sont tous
ceux qui laissent le monde entier aux autres
les poètes s’écoulent toujours durant la nuit

les poètes ont une manière pas croyable
les poètes jamais rien ne les entoure
c’est une honte de vaincre les poètes
un sacrilège de leur donner une seconde nature

les poètes ne savent même pas ce que
en veut dire être immortel ou mortel
– leur vie dure le temps d’une chemise –
les poètes ont un paradis à eux tous seuls
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traduit du roumain par Cindrel Lupe
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Lisez l’original en roumain :

https://versionroumaine.wordpress.com/2017/04/04/paradisul-ioanid-romanescu

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Classé dans Ioanid Romanescu