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Deux saisons – Claudia Millian Minulescu

 
 
Printemps
 
Mon âme un nid est, creusé en roche à fond,
Ce nid, à tour de rôle a hébergé
Et la si blanche colombe, et l’aigle affamé
Et le soleil, le vent, et le silence profond.
 
Mon âme veut que je lui ôte sa poussière, son silence
Car les vents me l’embrument, et les menus tourments …
Qui attend donc mon nid aux cimes culminants,
Pourquoi encore veut-il que je nettoie son apparence ?
 
Tapis de feuilles si lisses et si mollets
J’étends au nid, lui rafraîchis son air,
Je tombe ensuite des rideaux de mystère
Devant le charme de ce nouvel secret.
 
Ainsi, bien abrité du vent et soleil clair,
Le foyer de mon âme grand ouvert
Attend du dernier songe le messager,
Dans le retour des oiseaux migrateurs.
 
*
 
Automne
 
Vois-tu comment l’automne mord le vert de la forêt,
Comme si chaque feuille dedans serait un cœur malade –
Par meurtrissures d’ongles et par des gouttes de sang ?
Aussi en moi une feuille bat, ses bizarres saccades,
Sous le caprice du temps elle se trémousse en pleurant …
 
Je sens mon corps qui boit les arômes de la mort
Et comme il se distille le parfum diaphane,
Sur meubles et sur statues, étoffes et tapis,
Et j’entrevois la sylve couchée sur le divan,
A mes côtés, comme elle frissonne et expie …
 
Toute la chambrée respire des baumes végétales :
Platane, bouleau, sapin, érable finalement …
J’en prends, les mains tâchées d’automne ensanglanté,
L’âme de la forêt je bois, et bat de moins en moins,
Au tableau de ma vie, une feuille qui s’attardait.
 
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe et Tudor Mirică
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-sb

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