Archives de Catégorie: Constantin Călin

Trois Nocturnes – Constantin Călin

Nocturne no. 1

Mais, je ré-évoquerai, près de n’importe quel pouvoir resta
éternellement triomphante, à noyau, la pêche,
comme la fenêtre sublimement se ferme et reste une cicatrice,
comme l’été et l’été et l’été tâtonne de naître,
comme, moi même, ébahi de douleur, j’accepte
ce navré méridien sous mes semelles,
comme la nuit l’on suppose.
Je déchois.

Nocturne no. 2

Pharmaciens, enfants, visiteurs de musées,
oiseaux et exercices, n’importe quand
le monde se recomposerait de cinq
éléments primordiaux,
même selon le caprice du soûlard écervelé,
eh bien, conformément à ces veines, par lesquelles
la solitude circule;

oh, il fait soir à l’endroit où je vais,
je suis soupçonné, suis attendu d’un oiseau
célèbre, qui renaît.
(Par hasard.)

Nocturne no. 3

C’est quoi cela bienveillance
de l’espace d’où l’on a diminué un arbre,
où restent, où halètent des tours
pour l’œil, pour la joue, pour l’os…
Le soleil vient des mers sur la muraille
devant la fenêtre, naît
par des jaunes,
de sa devanture moi seul je pars
en monuments, en immortelles bûches
mon âge s’arrête,
moi seul, amoureux de sable, dans un vaste crématoire,
sans douleur je serai, parce que
c’est quoi cela bienveillance, au fait
c’est quoi celui
soleil ?

juin – octobre 1967
*
Traduit du roumain par Tudor Mirică
*
Lisez l’original en roumain =

https://versionroumaine.wordpress.com/2017/05/13/trei-nocturne-constantin-calin

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Deux poésies – Constantin Călin (1945 – 2006)

Être un poète, c’est quoi ?

Costi était mon ami. Parfois, lors de nos rencontres, il me récitait de ses poésies. En saccadant, comme le font les poètes. Une fois, je lui ai demandé le manuscrit: je voudrais les sentir à ma manière, pas à la sienne. Il me donna un cahier réglé où les poésies étaient écrites sans effaçures. Je lui ai dit que j’aimerais mieux voir les brouillons, ceux qui rendent compte du travail fait. Il m’a répondu qu’il n’a pas d’autre. Qu’il n’écrit rien avant d’avoir la poésie toute entière dans sa tête.

Sachant la manière dont je tourmentais un texte jusqu’à être content, j’ai réfléchi . C’est comme ça que fait le poète : il transfère la poésie de l’âme à la pensée en tous ses détails, pareil au sculpteur qui dévoile la statue du bloc de marbre. Et seulement quand tout devient clair, quand rien ne peut plus être changé, il l’écrit.

Maintenant, quand je le traduis, je comprends mieux tout ça.

Tudor Mirică, avril 2017

*

Pressentir

Seul et avec rarement assez de courage j’ai attendu la neige
moi, dans une cathédrale de nerfs, en balbutiant :
tout peut être pressenti un jour de janvier,
sous le blanc, quand on ne sait plus rien
et en tenant compte tu écoutes l’arbre
en hibernation.
Oh, peur que j’ai d’une logique du mécanisme-oiseau
qui en automne part pour le sud,
d’une livide vérité, comme quoi au monde
toutes les miracles se chevauchent, par paires, en tanières
et enfantent des petits vivants, la nuit, en hurlements.

*
A cette journée

Je m’incline devant le fou nourrissant les pigeons, depuis sa fenêtre,
pour lui, voilà, lui est dimanche et seulement
le dimanche peut encore être une Venise et seulement
le dimanche on peut encore
ensemencer Acropoles parmi les faubourgs.

A cette journée des acrobates entre la terre
et un trapèze des golfes aux orangers,
à cette journée de voyages dans les femmes de la semaine,
– oh, elle n’existe que
parmi les vivants des cimetières –
à cette journée je m’incline, pareil au fou
nourrissant les pigeons dans une vie à soi imaginée.

janvier 1967

*

Traduit du roumain par Tudor Mirică

*

lisez l’original en roumain =

https://versionroumaine.wordpress.com/2017/05/02/doua-poezii-constantin-calin-1945-2006

 

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