Archives de Catégorie: Dan Galbina

Deux poésies de Dan Galbina

 
L’Absence
 
Cette pensée même me brûle la racine des cheveux
 
… Il se trouve partout
mais cela veut dire absence,
voilà une vérité comme une geôle bâtie par le détenu,
en vain les fidèles viennent et font, du marteau-piqueur,
des trous parfumés dans le ciel.
 
Montre-Toi
sois face à moi
j’exige une courte présence
comme l’éclat du sabre touchant le cou du condamné
je te demande une présence brève comme un haïku,
viens par trois fois
 
Vous, Tézigue, Toi !
et pourtant et pourtant
un vent s’adoucit
entre Il est
et je suis.
*
 
Portrait
 
Ce poème s’écrit tard
lorsque tous sont partis ou plus personne n’est en vie …
… j’essaie de sortir, de ma bouche
et je me cogne durement des dents …
que nous étions beaux et complaisants
avec le paradis tout près, à portée de la main.
Pourvu que tu viennes enfin ma doué
afin de bien clouer mon portrait.
*
 
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
 
http://wp.me/p1wz5y-nx
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Clinique jaune – Dan Galbina

 
 
"Le Pré de Poduri" - du peintre roumain Stefan LUCHIAN
 
Septembre
comme une abeille d’or avec des lourds ailerons
septembre
comme un renard furtif sur les collines sur les vallons
septembre
comme un chevalet avec des traces de doigts mouillées dans du cinabre
septembre
s’éteignent lentement les couleurs comme dans un candélabre.
C’est l’automne
retournent en terre les pactoles
les tziganes dévorent leur violes
dans les arbres il semble que des troupeaux frémissaient
sur les routes il y a éboulement de monnaies.
Septembre
comme une clinique jaune où on attend des pluies à outrance
septembre
comme une clinique jaune où l’au-delà commence
septembre
comme une maternité des gestantes feuilles
septembre
tu es sûr que le paradis est tout près
et cela sur les lèvres tu le recueilles.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-n0
 

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Chanson tzigane – Dan Galbina

 
Dieu, ne sois pas un arsouille,
je bringuebale de fosse en haie
pour une lampée de bistouille,
que j’me brûle, mais sans plaie.
Que j’m’enflamme, pour voir autour
blanchir la nuit comme la chaux …
bondissent mordre mon contour
chiens, enragés de sang chaud.
 
Quand la nuit est basanée,
comment calmer les roquets ?!
Pour ça force me donne, j’agrée
une chopine, ou un pichet.
Mon Dieu, aubergiste vilain,
une lampée, deux gorgeons
donne moi de ton puits à vin
qui sous les étoiles frissonne.
Dieu, dans ton sein monte le lait,
d’un canon de gnôle m’apaise
que j’me soule … j’oublie … que j’ai …
et que l’ange gardien se taise.
Dieu, oh Dieu, passe-moi une gloire
imbibée de chloroforme,
la sentir ne pas la boire,
que j’m’accroche au ciel et dorme.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-kj

 

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