Archives de Catégorie: Diverses

Le Soir de Noël – George Coşbuc

Tombent lentement, flocons volant
En foyer brûle le feu,
Et nous, notre bonne mère entourant,
Oubliâmes notre jeu.
Depuis longtemps le lit attend,
Mais qui pourrait coucher ?
On suit maman, nous racontant
De sa voix douce et claire.
 
Comme Christ en froid et paille gisait
Dans une crèche de misère,
Et comme le bœuf sur lui soufflait,
Chaleur pour le chauffer,
Comme Lui offrirent un agneau beau
Les pastoureaux voisins
Et anges blancs chantaient au cieux,
Rameaux fleuris en mains.
 
Oyez ! Surgissent maintenant des chants
Bribes d’un cantique d’accueil,
Qui viennent plus près, s’arrêtent en champ,
On l’entend sur le seuil –
Nous attendons les yeux rivés
Nos souffles en retenant
Les anges du ciel sont arrivés
Et Le Seigneur régnant !
 
Ils chantent glorifiant, serein
Des chansons de louange,
Ensuite amèrement ils plaignent
Judas la foi en fange,
D’épines, soldats, et qu’il est mort …
Mais le tombeau s’ouvrait à l’air
Et Lui maintenant le ciel le porte
De là-haut il juge la terre.
 
Avant qu’ils ne se taisent, nous,
N’en sortions aucun son –
Pauvret, mais chaud et cher nous fût
Noël dans la maison.
Et enfin quand nous terrassait
Le sommeil bienfaiteur,
En rêve, des fleurs blanches on voyait
Et-en langes, petit, Le Seigneur.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/s1wz5y-1571
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Chanson de Noël – anonyme

 
Comme chaque année, arrivent des gais
Chanteurs, pour le soir de Noël,
Le gel est fort, la route enneigée,
Mais la coutume est telle.
 
Je chante en chœur avec les vieux,
Ce chant sacré et bel.
Il était « Père » même pour eux,
L’ancêtre Père Noël.
 
C’est bien la fête et les jeux,
Ton bonheur est réel.
Mais il y a des foyers sans feu
Et demain c’est Noël.
 
Là je te laisse, sois bien portant,
Et, par Noël, heureux.
Mais, n’oublie pas, si t’es content,
Roumain, sois généreux !
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-pf

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Tiens, le Père Noël Arrive – Otilia Cazimir

 
Par les congères, en soirée
Sont partis vers le patelin
Le vieux Père et un lapin
Au p’tit traîneau attelé.
 
Toutes le routes sont fermées,
La nuit vient, le gel prend vite …
Avec les oreilles dressées
Le lapin se précipite.
 
Vise une hutte,  juste en bas,
Les fenêtres sont éclairées.
Le Père s’en ouvre une voie,
A la porte il va frapper :
 
– Bonne soirée, bonne soirée !
En traîneau ch’uis arrivé
Avec des cadeaux tout frais.
De bon cœur me recevez ?
 
– De bon cœur, très contents,
Crient des voix d’enfants gais
Père, dites-nous, d’où vous venez ?
– Ben, je viens depuis les temps
La huppe pleine de jouets !
 
… Froid et bleu, le ciel est maître
Les enfants, par la fenêtre,
Se poussent pour regarder,
Par les congères sans fin,
Le vieux Père et un lapin
Au p’tit traîneau attelé.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-p3

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Lettre au Père Noël – G. Păsculescu-Orlea

 
Père Noël,
Durant tant d’années passées
Tu as lu dans mes pensées.
Et, pour la nuit de Noël,
Tu m’envoies ton ange fidèle.
Tu m’as fait plein de cadeaux
Lorsque je faisais dodo !…
Voilà, c’que j’te prie de faire :
Change un peu d’itinéraire
Et, de ta hotte incroyable,
Fais-en une part charitable
A tous les enfants des pauvres.
Et fais-leur encore une joie :
Fais que leur malheur s’en va !
Mets-leur sur la table du pain,
De la joie dans leur chemin …
Puis je te prie ardûment,
Rappelle-toi de moi souvent :
S’il te reste quelque jouet,
Tu pourrais me l’apporter …
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-oV

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C’est le temps des cantiques – Mihai Eminescu

Chers lecteurs, amoureux de poésie,
nous essayerons de vous offrir pour Noël
quelques cantiques écrits par des auteurs roumains
en espérant porter la joie dans vos maisons et vos cœurs.
Des cantiques, on entend,
Et c’est leur temps de gloire,
Car la glace qui s’étend
Ressemble à des miroirs.
Et les sapins frétillent
Mouvant leurs ramilles,
Car cette nuit me semble
Celle des étoiles qui brillent.
Enfants s’extasient,
Enfants et gamines,
Pour sacrer Marie
Lissent leur chevelure fine …
Pour sacrer Marie
Et le Saint Sauveur
Haut dans les cieux brille
L’étoile du voyageur.
*
 
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-oi

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Chansons pour le 1er Décembre

(1 Décembre : Fête Nationale de la Roumanie)
 
Ce que je te dédie, ma douce Roumanie – Mihai Eminescu
 
Ce que je te dédie, ma douce Roumanie
Mon pays de gloires, mon pays désir ?
Que des bras nerveux, l’arme de l’énergie,
A ton grand vécu, un plus grand avenir !
Coule le vin en coupes, écume le calice,
Si tes fiers dauphins le souhaitent ainsi ;
Car la roche perdure, si la vague périsse,
Ma douce Roumanie, ça je te dédie !
 
Rêve de vengeance obscur comme la tombe
Ton épée de sang de l’ennemi fumant,
Et dessus la hydre dans la brise flambe
Ton rêve de gloires fier et triomphant,
Que disent au grand monde des flammes tricolores,
Que disent du brave peuple, du Roumain pays,
Quand sacrée s’allume sa candide aurore,
Ma douce Roumanie, ça je te dédie.
 
L’archange de l’amour, ce pacifique archange,
Sur l’autel de Vesta discret souriant,
Celui qui aveugle Mars par ses louanges,
Quand au monde s’envole sa lampe éclairant,
Qu’à ton sein tout vierge il trouve son appui,
Goûte le bonheur divin de ce paradis,
Prends-le dans tes bras, des autels fais-lui,
Ma douce Roumanie, ça je te dédie.
 
Ce que je te dédie, ma douce Roumanie,
O, jeune épouse, mère pleine d’amour !
Tes dauphins en frères vivront-ils depuis
Comme de nuit les astres, comme l’éclat du jour,
Ta vie soit sans cesse, gloire et liesse,
Armes fortes qui servent, un roumain esprit,
Rêve de vaillance, gloire et hardiesse,
Ma douce Roumanie, ça je te dédie !
*
Traduit du roumain par Tudor Mirică
*
Le Chant de la Gente Latine – Vasile Alecsandri
 
La gente latine est la vraie reine
Entre les grands du monde gents ;
Elle porte au front l’étoile divine ;
Par les temps séculaires luisant.
En sa besogne, toujours en face
Hautaine ses pas elle va oser,
Devant les autres gentes se place
Portant lumière pour les guider.
La gente latine est rosière belle
Au charme doux et ravissant ;
L’étranger s’incline devant elle
Et à genoux tombe songeant.
Si belle, si vive, et souriante,
Sous le ciel clair, dans la brise chaude
Elle se reflète en sphère brillante,
Se baigne dans la mer d’émeraude.
La gente latine à l’héritage
De toute la terre grands trésors,
Et moult enjouée les partage
Avec ses autres plus jeunes sœurs ;
Mais est d’une colère inouïe
Lorsque son bras libérateur
Frappe la cruelle tyrannie,
Et fière elle lutte pour son honneur.
Au jour de la justice divine
Quand face en ciel au Dieu béni
On demandera la gente latine
« Qu’as-tu sur terre accompli ?
Elle répondra avec forte passion :
«Dieu, tant que la terre j’ai gîté,
Dans ses yeux pleins d’admiration,
C’est Toi que j’ai représenté.»
*
traduit en roumain par Cindrel Lupe et Tudor Mirică
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-n9

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La Cène – Interprétations poétiques (2)

 

tableau du peintre français Bernard Buffet
 *
Nichita Stănescu

 

La maison aux murs vagabonds
à ses chambres imbriquées voyageant sans halte.
Sous des plumes d’oiseaux, tous les plafonds
traversent la mer, vers Malte.
Salon à une table colosse
aux chaises, écailles de serpent sans limite.
Je suis assis en tête, aux noces,
un pied me sortait dehors de ce mythe.
Oh, et dessus quelle pluie de têtes, torrentielle,
têtes de camus, de vieillards, de barbus,
pluie de nuit, sur le plancher immatériel,
pluie grondante, sans fin et sans but.
Donne-moi ta main, ma fiancée effarée,
et fuyons, fuyons ensemble.
Bientôt pleuvra aux corps, et plongée,
nous couvrira cette voûte qui tremble.
Il pleuvra aux corps décapités.
Fuyons, fuyons, sans faire les adieux,
de la maison aux murs sans cesse remués
où notre Cène eût lieu…
*

 

Mircea Dinescu

 

Sous la couenne de ma mère caché
enfant de bétaillère
j’attends l’ange de la mort avec laisse et muselière,
qu’il me change en bloc de sel léché par les brebis,
en bol d’eau tiède, de lave-linge,
passez-moi l’échelle que je monte en singe
ou donnez-moi de la corde fine
m’insinuer chez le Saint Esprit en cuisine
voir comment il prépare ses victuailles
aux ouailles,
comment partage au couperet sacré
mon corps aux vêpres mariné.
*

 

Petrea Ştefan
 
depuis quand Dieu m’a descendu
en poésie
mes ossements tous ont fondu en viande
je suis un mollusque qui se nourrit
de métaphore
de ma métaphore mais de plus en plus souvent
des métaphores des autres
mes yeux innombrables
regardent la danse sur le fil lyrique
de ceux qui complètent,
ne serait-ce que d’une miette,
le pain dont Jésus rompit
pour en donner aux poètes
*
traduit du roumain par Tudor Mirică et Cindrel Lupe
*
lisez l’original en roumain:
http://wp.me/p1wz5y-my
 

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