Archives de Catégorie: Diverses

Chanson de Noël – anonyme

 
Comme chaque année, arrivent des gais
Chanteurs, pour le soir de Noël,
Le gel est fort, la route enneigée,
Mais la coutume est telle.
 
Je chante en chœur avec les vieux,
Ce chant sacré et bel.
Il était « Père » même pour eux,
L’ancêtre Père Noël.
 
C’est bien la fête et les jeux,
Ton bonheur est réel.
Mais il y a des foyers sans feu
Et demain c’est Noël.
 
Là je te laisse, sois bien portant,
Et, par Noël, heureux.
Mais, n’oublie pas, si t’es content,
Roumain, sois généreux !
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-pf

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Lettre au Père Noël – G. Păsculescu-Orlea

 
Père Noël,
Durant tant d’années passées
Tu as lu dans mes pensées.
Et, pour la nuit de Noël,
Tu m’envoies ton ange fidèle.
Tu m’as fait plein de cadeaux
Lorsque je faisais dodo !…
Voilà, c’que j’te prie de faire :
Change un peu d’itinéraire
Et, de ta hotte incroyable,
Fais-en une part charitable
A tous les enfants des pauvres.
Et fais-leur encore une joie :
Fais que leur malheur s’en va !
Mets-leur sur la table du pain,
De la joie dans leur chemin …
Puis je te prie ardûment,
Rappelle-toi de moi souvent :
S’il te reste quelque jouet,
Tu pourrais me l’apporter …
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-oV

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C’est le temps des cantiques – Mihai Eminescu

Chers lecteurs, amoureux de poésie,
nous essayerons de vous offrir pour Noël
quelques cantiques écrits par des auteurs roumains
en espérant porter la joie dans vos maisons et vos cœurs.
Des cantiques, on entend,
Et c’est leur temps de gloire,
Car la glace qui s’étend
Ressemble à des miroirs.
Et les sapins frétillent
Mouvant leurs ramilles,
Car cette nuit me semble
Celle des étoiles qui brillent.
Enfants s’extasient,
Enfants et gamines,
Pour sacrer Marie
Lissent leur chevelure fine …
Pour sacrer Marie
Et le Saint Sauveur
Haut dans les cieux brille
L’étoile du voyageur.
*
 
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-oi

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Chansons pour le 1er Décembre

(1 Décembre : Fête Nationale de la Roumanie)
 
Ce que je te dédie, ma douce Roumanie – Mihai Eminescu
 
Ce que je te dédie, ma douce Roumanie
Mon pays de gloires, mon pays désir ?
Que des bras nerveux, l’arme de l’énergie,
A ton grand vécu, un plus grand avenir !
Coule le vin en coupes, écume le calice,
Si tes fiers dauphins le souhaitent ainsi ;
Car la roche perdure, si la vague périsse,
Ma douce Roumanie, ça je te dédie !
 
Rêve de vengeance obscur comme la tombe
Ton épée de sang de l’ennemi fumant,
Et dessus la hydre dans la brise flambe
Ton rêve de gloires fier et triomphant,
Que disent au grand monde des flammes tricolores,
Que disent du brave peuple, du Roumain pays,
Quand sacrée s’allume sa candide aurore,
Ma douce Roumanie, ça je te dédie.
 
L’archange de l’amour, ce pacifique archange,
Sur l’autel de Vesta discret souriant,
Celui qui aveugle Mars par ses louanges,
Quand au monde s’envole sa lampe éclairant,
Qu’à ton sein tout vierge il trouve son appui,
Goûte le bonheur divin de ce paradis,
Prends-le dans tes bras, des autels fais-lui,
Ma douce Roumanie, ça je te dédie.
 
Ce que je te dédie, ma douce Roumanie,
O, jeune épouse, mère pleine d’amour !
Tes dauphins en frères vivront-ils depuis
Comme de nuit les astres, comme l’éclat du jour,
Ta vie soit sans cesse, gloire et liesse,
Armes fortes qui servent, un roumain esprit,
Rêve de vaillance, gloire et hardiesse,
Ma douce Roumanie, ça je te dédie !
*
Traduit du roumain par Tudor Mirică
*
Le Chant de la Gente Latine – Vasile Alecsandri
 
La gente latine est la vraie reine
Entre les grands du monde gents ;
Elle porte au front l’étoile divine ;
Par les temps séculaires luisant.
En sa besogne, toujours en face
Hautaine ses pas elle va oser,
Devant les autres gentes se place
Portant lumière pour les guider.
La gente latine est rosière belle
Au charme doux et ravissant ;
L’étranger s’incline devant elle
Et à genoux tombe songeant.
Si belle, si vive, et souriante,
Sous le ciel clair, dans la brise chaude
Elle se reflète en sphère brillante,
Se baigne dans la mer d’émeraude.
La gente latine à l’héritage
De toute la terre grands trésors,
Et moult enjouée les partage
Avec ses autres plus jeunes sœurs ;
Mais est d’une colère inouïe
Lorsque son bras libérateur
Frappe la cruelle tyrannie,
Et fière elle lutte pour son honneur.
Au jour de la justice divine
Quand face en ciel au Dieu béni
On demandera la gente latine
« Qu’as-tu sur terre accompli ?
Elle répondra avec forte passion :
«Dieu, tant que la terre j’ai gîté,
Dans ses yeux pleins d’admiration,
C’est Toi que j’ai représenté.»
*
traduit en roumain par Cindrel Lupe et Tudor Mirică
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-n9

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La Cène – Interprétations poétiques (2)

 

tableau du peintre français Bernard Buffet
 *
Nichita Stănescu

 

La maison aux murs vagabonds
à ses chambres imbriquées voyageant sans halte.
Sous des plumes d’oiseaux, tous les plafonds
traversent la mer, vers Malte.
Salon à une table colosse
aux chaises, écailles de serpent sans limite.
Je suis assis en tête, aux noces,
un pied me sortait dehors de ce mythe.
Oh, et dessus quelle pluie de têtes, torrentielle,
têtes de camus, de vieillards, de barbus,
pluie de nuit, sur le plancher immatériel,
pluie grondante, sans fin et sans but.
Donne-moi ta main, ma fiancée effarée,
et fuyons, fuyons ensemble.
Bientôt pleuvra aux corps, et plongée,
nous couvrira cette voûte qui tremble.
Il pleuvra aux corps décapités.
Fuyons, fuyons, sans faire les adieux,
de la maison aux murs sans cesse remués
où notre Cène eût lieu…
*

 

Mircea Dinescu

 

Sous la couenne de ma mère caché
enfant de bétaillère
j’attends l’ange de la mort avec laisse et muselière,
qu’il me change en bloc de sel léché par les brebis,
en bol d’eau tiède, de lave-linge,
passez-moi l’échelle que je monte en singe
ou donnez-moi de la corde fine
m’insinuer chez le Saint Esprit en cuisine
voir comment il prépare ses victuailles
aux ouailles,
comment partage au couperet sacré
mon corps aux vêpres mariné.
*

 

Petrea Ştefan
 
depuis quand Dieu m’a descendu
en poésie
mes ossements tous ont fondu en viande
je suis un mollusque qui se nourrit
de métaphore
de ma métaphore mais de plus en plus souvent
des métaphores des autres
mes yeux innombrables
regardent la danse sur le fil lyrique
de ceux qui complètent,
ne serait-ce que d’une miette,
le pain dont Jésus rompit
pour en donner aux poètes
*
traduit du roumain par Tudor Mirică et Cindrel Lupe
*
lisez l’original en roumain:
http://wp.me/p1wz5y-my
 

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La Cène – Interprétations poétiques (1)

Tous les poèmes qui suivent ont le même titre :
« La Cène » - par conséquent on a mis seulement
le nom de l’auteur et sa vision des faits …
Vasile Moldovan
 
Le Conseil secret …
autour d’une table vide,
muets, les apprentis
 
L’heure de la Cène …
Désert des silences
Toujours ardents
 
Soupe refroidie.
Augmentant le sel,
une larme
 
Après festin …
on voit sur la nappe
le sel de la larme
 
Trente deniers …
prix d’une corde
toute neuve
 
A l’heure du secret
les poissons partageant
les argents de la Lune
*
 
Carmen Sylva  – Elisabeth Pauline Ottilie Luise zu Wied
Reine Elisabeth de Roumanie
 
Ont dit le Christ : «Il me vendra
L’un de vous », – et amèrement
Les a pénétrés alors la peine
Les apprentis, tous frissonnants
Ils demandent :
« Dieu, c’est moi ? »
Même Jean cet inflexible,
Aussi Pierre, rempli de craintes,
Et autour tous et encore
 
Tremblants ils essaient de dire :
« Dieu, c’est moi ? »
Que puis-je dire alors moi, humble,
Moi avec mon cœur si faible,
Quand les forts de la croyance,
Tremblants, à Christ ils demandent :
« Dieu, c’est moi ? »
*
 
Erna Maura Herteliu
 
Prenez, mangez et buvez
Ceci est Mon corps
Tourmenté
Dans les Gethsémani de la soumission totale
C’est Mon sang
Ruisselant de la miséricorde
Sur les autels du monde
Et sur les coeurs
Nonsacrés, froids et factieux
Prenez… mangez et buvez
Mais pas comme si vous
M’auriez déchiré en miettes
Mangez de Mon corps
Aux consciences nettes
Lisez attentivement
En mâchonnant le profond
Et si à la pleine mie de la Compassion
Vous arrêtez-vous
Et les larmes ne vous suffissent,
Des verres jusqu’au fond sirotez
La source de votre guérison,
Du ciel la rémission.
Prenez, mangez et buvez
D’une manière digne de Moi
En éloignant de vous
Désobéissance et haine
Et tant d’autres étrangères émois.
Le pain s’amasse
Jusqu’à sa dernière bribe
Pas un iota de la Parole
Aucun fragment de la Loi
Qu’il ne reste
Agacé entre les dents
Rejeté, égaré –
De l’obéissance aux saints
À ne pas envier
Et jusqu’à la dernière redoute.
Et le verre se boit de son plein
Soyez à jamais les Miens
Et Moi en vous,
AMEN !
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe et Tudor Mirică
*
lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-mg

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Toussaint – George Coșbuc

A Neamț dans le couvent sacré
S’alignent au nom de Christ les Frères ;
La pensée droite et altière
ils chantent des versets du Psautier.
La Toussaint est une fête hors pair,
Et la coutume des anciens
C’est de boire en l’honneur des Saints –
La loi l’observent dûment les Pères.
 
Le corps du Christ rompt avec zèle
Papias l’abbé, ensuite, serein
Entame d’un tonneau ancien
Le sang de cette Loi nouvelle.
Le Diacre lit les sacrements,
Les Frères boivent et font honneur –
Que dure en siècles la splendeur
De chaque Saint séparément.
 
« – Dieu garde en Son tout Saint souci
Saint Seth » et glou et glou – «  Raymond ! »
Et encore glou ! Des saints Patrons
Des Martyres et tout ce’qui s’ensuit !
Et pour Celui né dans l’étable,
Pour Jésus Christ ils vont trinquer
Et pour le fils dit Timothée,
Et pour Pierre, Paul, Luc, tous ensemble.
 
Et même pour d’autres saintes figures
De Cappadoce, Anatolie –
Et quand leur verre fut sec, ils y
Trouvaient un saint dans la nature.
Mais pour éviter tout devers,
Ils boivent droitement et sagement :
Ni un seul verre pour deux – de Saints,
Non plus, pour un seul Saint – deux verres.
 
Et quand les Saints connus finissent,
Apportent le grec calendrier ;
Ils cherchent dedans un nom sacré
Et boivent, un autre saint nom lisent.
Les Saints diminuent, le vin aussi !
Du vin y’a plein, des Saints, que dalle !
Il faut, pour la fête synodale
Car boire sans Saint, ce n’est permis !
 
Pendant qu’ils cherchent avec ardeur,
Papias gémit brièvement et chut
Tout raide juste à côté du fût –
Les Frères tressautent et se font peur.
Kir crie « – Mes Frères ! Alléluia ! »
Il est juste ce que nous cherchons !
Le dernier petit verre buvons
En honneur du très Saint Papias ! »
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-kH
*
Image du Cimetière de SAPANTA – Roumanie
« Aux noces quand je suis allé j’ai dansé et j’ai crié tout le monde j’ai amusé j’ai bien aimé les parties ensemble avec les amis partout où s’amusait ma voix on la connaissait mes chers frères et villageois si j’ai fauté pardonnez-moi vers l’heure où je partais la mort en route m’attendait … »

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