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Malédiction – Emil Brumaru

Sous les barreaux que le matin t’emmure
Jusqu’au coucher, ô douce tourmentée.
Le soir, en mijotant ta confiture,
Qu’un potiron te donne la fessée.
.
Dessus mets-en que des couettes pleines
De toison d’or; les anges qui décollent,
Disperseront que des odeurs sereines
De crêpes qui remontent et consolent.
.
Agneaux tristes et seuls, des lieds suaves
Te bercent le réveil. Les séraphins
Qu’ils te calfeutrent vite en hardes graves,
Pour que tu ne puisses regarder tes seins!
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
lisez l’original en roumain =

https://versionroumaine.wordpress.com/2017/05/08/blestem-emil-brumaru

 

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Poésies (2) – Emil Brumaru

 
 
Ne pas oublier que je suis poète
 
A tout poète je conseille
D’être oisif, tout bleu et pur
Qu’il mange que du miel d’abeilles
Qu’il boive flacons de soupe d’azur.
 
Et qu’il se gave de boulettes,
Avec des croupions de poule.
Le poète doit en faire trempette
Chaque journée, les pieds dans l’huile.
 
Les mains trempés dans du pur lait,
La face dans du bouillon de vigne.
Lui pour toujours il doit coucher
Sur paille son être longiligne.
 
Qu’il n’écrive pas, qu’il ne lise pas,
Seulement poète il sera,
Plein de beignets sur la coiffure
Et une amie petite nature
Les seins la taille d’une garde-robes
Et puis les cuisses comme l’Europe !
 
*
Description détaillée de la position culinaire
 
Ma mie, aujourd’hui on fait des gâteaux
A quatre feuilles. Premièrement le lit
Ensuite le drap, tout propre et poli.
Troisième toi-même, belle comme un tableau.
Le quatrième moi-même, le proscrit
Car aujourd’hui encore on fait des gâteaux !
 
*
L’ultime élégie
 
Il fut un temps quand je vous partageais
Mon humble opinion sur la rosée
 
Je portais même, fondue en fraises, en blason
Mon humble opinion des papillons,
 
Des fois vous effrayait oh tant qu’elle puisse
Mon humble opinion des fleurs de lys
 
Et semble même encore en ville flottant
Mon humble opinion sur le couchant …
 
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-sA

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Poésies (1) – Emil Brumaru

 
 
Chanson naïve
 
Tu m’as trompé avec une orange !
Et toi et elle toutes nues aux anges,
Alors que moi, à la chambre louche
Vous ai surpris bouche contre bouche,
Elle au dessus et à côté d’elle
Ses vêtements, son zeste réel,
Les pores suintaient concupiscence
Avant la grande jouissance
De tous les sens d’la volupté.
Puis tu m’as trompé avec le thé !
 
*
La suprême domestique
A l’incomparable Profira
 
Ô, domestique, douce domestique
De ma si angélique enfance,
Je te flairais avidement la jupe
Remplie de traces de la cuistance.
 
Sous matelas je cherchais tes culottes
Pour les humer tout leur céleste parfum,
Narines dilatées, les yeux humides,
Le coeur faisant trans-bara-bum !
 
Ton soutien-gorge chiffonné et âcre,
Harnais pour tes mamelles de pistache,
Je le baisais, me l’ajustais aux loques
Dans des obscurs petits greniers de Iasi.
 
Ô, domestique, douce domestique,
Quand tu dormais en fripes et en sueurs,
Je m’approchais craintif de la présence
Des hanches molles aux houppes et puanteurs.
 
T’avais le sein géant comme le chaudron
Et la tétine au centre, que l’on trait.
Je te l’ai vu par la fenêtre un matin
Quand pour le laver en bassine tu l’extrais.
 
Oh, les cheveux gras, à la forte racine,
Mouillés le soir au pur pétrole lampant,
En échauffaient sur place n’importe quelle agrafe.
De plus ton cul gigantesque et vibrant,
 
Aux fesses rouges comme des gros coussins,
Porté sous robes mouillées par des levures,
Te le montrais, sur des barils penchée,
En mettant sagement choux en saumure !!!
 
*
Traduit du roumain par Tudor Mirică
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-sw

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