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les poésies de George Demetru Ladima

Ne cherchez pas ce poète dans des recueils
ni dans les dictionnaires. Il n’y sera pas.
G. Dem. Ladima vit uniquement dans
l’œuvre de l’écrivain Camil Petrescu,
qui lui a prêté ses poèmes visionnaires.
*
 
Le lit de Procuste
 
Une vile tranche de bourbe est ma chance,
Et vers sa creuse finalité à peine j’avance,
Ma filasse tordue de craie je ne remonte,
Si elle protège, elle tient aussi mon compte.
 
Ton oeil dans le triangle inscrit les albatros,
Mais le marais à la vermine rouge me fausse
Comme un mirage blême cette unique beauté,
Depuis que l’oeil vers les étoiles j’ai tourné.
 
Nourris de pourriture dans la même glaire,
S’empattent les nénuphars suaves et pairs,
Moi, plein de baves et répugnant, j’étouffe
Qu’à leur côté, du même soleil je bouffe.
 
Au ventre flasque, à ses oreilles rubis,
Des grandes cloches de la gloire comme habit,
Il est de mes voisins qui rampent, et pourtant
C’est lui qui règne sur l’étang, le lotus blanc.
 
Mais quand mon oeil vers moi je le retourne,
Afin de me voir, une autre ligne me contourne.
Plus grand je suis que les plus grands, et à jamais,
Plus beau qu’un lys en pleine mois de Mai.
 
Vers toi, Seigneur, l’esprit moi je relève …
Ni fleurs, ni or, tu n’as mis dans mon rêve,
Ni griffes. Et m’as donné en leur échange
La conscience amère d’une misérable fange.
*
traduit du roumain par Tudor Mirică
 
***
 
Sceau
 
L’avide mer de plomb rêve la revanche,
Resuce, envenimée, ses écumes blanches,
De par son haut, un fil tendu entre les pics,
Attend mes pas gâchés, mélancolique.
 
Ô, Seigneur, de quelle fosse, de quel égout,
Me jettes comme un cadavre, un caillou
Qui trace, aux corps raidi, en satellite,
Des trajectoires voûtées, de monolithes ?
 
Le temps dilate le néant et par l’espace
Avancent vers moi des galaxies voraces …
Les nouveaux soleils ont leurs nimbes de saints.
Je passe comme un oiseau sauvé à peine.
 
Le signe est en or exquise blasphème, je le sais …
L’Etoile Polaire, à coup sûr. Mais après ?
*
traduit du roumain par Tudor Mirică
 
***
 
L’Heure Première …
 
Mais les étangs en enfilade par centaines,
Quand rient les archipels du monde serein ?
Des longs geysers en décomposent le jour
Comme les pics en cristal et en alun autour.
 
Rayonnent des blancs soleils, à la fois quatre,
Terrasses d’eaux vives forment amphithéâtre…
Jardins de Sémiramis, qui zigzaguent
Du lever au coucher, en haut des vagues.
 
Les orgues terrestres balancent des lourds bouquets
De cantiques vers les spirales étoilées …
Quand des mous éventails passent impavides
Tel des comètes froides au-delà du vide.
 
Faisceaux de lumière cherchent en pensant
La fin du monde. Clignotent doucement …
Comme ça était … l’heure première comme ça était,
Si ce n’était le Chemin de Croix – j’y serais resté.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
 
***
 
Samarcande
 
La montagne vitreuse au fond est à trois nuits
D’écart au regard. Des Shahs bien cuits
Pleurent l’hier les yeux ôtés. Mes Oïgures se font
Croître dans les gués, bourdonnent les vallons.
 
J’erre vers la Tour, haute comme un nuage debout,
Limites on n’y connaît, la vue n’en a point
Les proches contrées la voient de partout,
Des caravansérails sont aux confins, fumant.
 
Sur les monts des potences bordent le ciel pire
Tout bas sifflant les gents de passe attirent.
Des mouches tournoient grandes comme des oies. Tout près
Lépreux volent les charrues, brûlent les cyprès.
 
Dessus de l’Asie l’arc-en-ciel en courroie
Appelle tout votre esprit à faire le choix,
Des flammes, étoiles, en bleu ont éclairé
L’aube de notre phratrie sur un bouclier.
 
En cage fermé, Bajazet avec ses peines
Mord les barreaux comme s’il mordait ses rênes.
Ma Horde, ma Horde d’or partout devant,
Bannière menteuse, despote zézayant.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
 
Lisez les originaux en roumain :
 
 

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