Archives de Catégorie: Ioan Alexandru

Les ancêtres – Ioan Alexandru

Autant fût-elle si pauvre leur demeure
les anciens duraient plus et moins pesant
Près des parents vivant une vie entière
Une autre encore auprès de leurs enfants
 
Passé le jour ou leur succession
Se trouvait advenue en lieu saint
Gorgés de vie et de ravissement
Les aïeuls s’en allaient d’ici chantant
 
Apres avoir posé dans un lieu sûr
ce que pour l’âme notamment pesait
Tournés sereins leur face contre le mur
Vers le bon Dieu alors ils se rendaient
 
Ils ne voulaient mourir sans avoir pu
Léguer toute leur fortune aux vivants
Mathusalems pieusement barbus
Dans un millénaire, on n’en compte pas tant
 
Pour ne pas gaspiller le plus précieux
Des mondes, la beauté toute première
Pour la garder, il faut des êtres preux
Purgés par les brasiers des toutes ères
 
Qu’on ne l’oublie pas, qu’on se souvienne
Le mot traverse les siècles, perdurant
Tel la languette d’une cloche en airain
Plus elle le frappe, plus il est résonnant
 
Parmi la foule nous risquons le désastre
De perdre ce qui reste si pur en nous
Il suffirait de faire brûler les astres
Et d’entrevoir l’autre planète surtout.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
lisez l’original en roumain :

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Les Cloches – Ioan Alexandru

Par tant de cloches au cou des nos troupeaux
traînées par terre depuis de millénaires
la terre est
la plus propre
larme
de l’univers.
Du plein mi-nuit jusqu’au plein mi-siècle,
s’il gèle, serrés ensemble nous réchauffons
pleurant encore.
Des larmes on en fait des cloches, les cachant
au cou des troupeaux, où la lune les ignore.
 
Au printemps nous semons sur arbres et rochers
la graine des cloches, et ruissellent en nature
oiseaux et fleurs chantant en leur patois
la même langueur de mort qu’on puisse nous dire.
 
Pendant l’été on cache les cloches dans une tour
les montant de biais aux cieux par-dessus les cimetières
tout effarés, et nous frappons pareil leurs coups
derrière Dieu, tous remplis de bonheur.
 
L’automne on retire les cloches des nuages sur la terre
Et les guidons sur leurs cordes tout au long du monde
régurgitant le feu et la mort lors du renouveau
leur blottissons les cendres et nos intimes chaos.
 
Mais le gel du noir hiver en nos parents descend,
les cloches bouillonnant dans chaque image,
la terre vue de si loin est une cloche étranglée
sur une énorme larme séchée près de la plage.
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traduit du roumain par Cindrel Lupe.
lisez l’original en roumain :

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Aura – Ioan Alexandru

On manque de pyramides dans les Carpates
Les babylones  ne poussent non plus d’emblée
Nos terres dans ce monde s’accommodent
De temps en temps d’une tête sanctifiée
 
Dans l’âme sanctuaire si ornée
De toute la splendeur des jours d’été
Et  quand la face ici est dévastée
Une larme viendra la sanctifier
 
Son aura sur le Voronetz s’étend
Sur les œufs peints à Pâques et les parures
Depuis les portes dans les cieux glissant
Les cieux glissant parmi les sépultures …
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
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lisez l’original en roumain :
 

http://wp.me/p1wz5y-4d

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Monastère de VORONETZ - Bucovina, ROUMANIE

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