Archives de Catégorie: Ion Minulescu

le Rondeau en or – Ion Minulescu

 
Colline - oeuvre du peintre roumain Horia Bernea
 
Fournaise d’or liquéfié,
Et sur les graines poussière jaunie,
Bergers, brebis d’or en abris,
De l’or en fleurs éparpillé.
 
En tous, et en tout, submergé
Il bat de ses ailes impies. –
Fournaise d’or liquéfié,
Et sur les graines poussière jaunie,
 
Des braises du soleil envahi,
La terre, sous le charme est restée
Et toute femme en devient une fée,
A l’âme des flammes ravi –
Fournaise d’or liquéfié.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-lQ
 

Poster un commentaire

Classé dans Ion Minulescu

Quatrains pour la neige – Ion Minulescu

        Fiancée des géométriques sapins et des sillons ensemencés – solennité blanche, froide, fatale, muette et divine – t’arrives aux charmes de Madone sinon de Vierge byzantine – et pars aux gestes de bacchante, stigmatisée par les excès.
 
        Presque personne ne veut de toi, bien qu’ils espèrent  ton retour … – Et ta beauté bizarre, personne ne chante que après, – les amoureux d’images abstraites, parfaites et immaculées – les sages équarisseurs de taillis et les espiègles enfants autour.
 
        Puis quand descends quand même, suspecte, insinuante et égale – au champ, sur arbres, eaux, aux rues, aux toits et même sur nous – tu changes en fantaisies lunaires l’entière pâte toute en boue – et drapes Marie Madeleine avec un  péplum de vestale.
 
        Pendant que tous, également, pygmées et humbles nous sentons – ta force magique qui gèle, crée, détruit et brûle – seuls les corbeaux sacerdotaux t’insultent et maculent – à leurs étranges hiéroglyphes noires, ton blanc profond.
*
Traduit du roumain par Tudor Mirică
*
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-lk

 

Poster un commentaire

Classé dans Ion Minulescu

Chantait un matelot … – Ion Minulescu

 
Chantait un matelot à proue.
Et l’hymne solennel vogua
Au large, en Mer de Marmara,
Comme dans une cité espagnole
Lorsque l’horloge de la coupole
Ouvrait des heures le verrou
Par un prélude de mandole…
 
Chantait un matelot à proue,
La mer jamais ne comprendra.
 
Chantait un matelot à proue…
Un matelot tout seul chantait.
Et cependant son timbre doux
Semblait, sur le navire ancré,
Celui d’un choeur de jeunes frères
Qui le Vendredi Saint enterrent
Leur grand prophète, crucifié
Au dur sommet de son Calvaire…
 
Chantait un matelot à proue
Tandis que l’équipage dormait.
 
Chantait un matelot à proue,
Mais quel nocturne l’écoutera
Et qui son chant répétera
Du large de Mer de Marmara,
Quand tous les matelots dormaient ?
La mer jamais ne comprendra…
 
Chantait un matelot à proue.
Au large, choeur de sirènes pleurait !…
*
traduit du roumain par Tudor Mirică
*
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-lc

 

Poster un commentaire

Classé dans Ion Minulescu