Archives de Catégorie: Lucian Avramescu

Trois poèmes – Lucian Avramescu

Au grand jamais, mon amour
 
au grand jamais, mon amour, sans toi je ne partirai
toujours présente dans mon sang pour une chevauchée
dans mes veines je te sens tel un boisson frais
couteau qui me coupe la ficelle d’une pensée
 
au grand jamais, mon amour, je ne trouverai ma muse
que dans tes petits seins sans le rideau d’une blouse
le balancement de tes hanches en chaleur
qui rend dans la Grand-Rue
mabouls tous les vendeurs
 
au grand jamais, mon amour, errer ne me verras
dans ma paume toujours comme un clou tu serras
crucifié dans cette rêvée douceur bénie
qui dure toute une vie
 
dans le cosmos ordonné commandant d’escadrilles
pour conquérir un météorite
d’une autre voie lactée
transperçant d’un assaut les atomiques nuées
tu seras, parmi les étoiles,
la seule femme désirée
 
s’il faudrait dans la mort descendre sans ascenseur
traverser
les espaces de l’enfer en métro
seulement à toi, ma mie, je vais penser
admirant, dans le bitume bouillant,
ton trousseau
 *
 
Prends garde
 
Prends garde, toi la femme, je t’adore comme un damné
te désire comme un moine les saintes visions hagardes
mais fais gaffe, ô toi, princesse de cabaret
prends garde
 
n’attends pas soumission aveugle et puis
ne mets pas bague au doit d’avant-garde
nul harnais sur la mienne tête fière on n’a mis
prends garde
 
toi, qui gémis dans des brûlants sursauts
ensuite tendre tu es, sagement me regardes
je t’appartiens car je l’ai décis
prends garde
 
des trésors par milliards je porte dans mon coeur
« au début la parole était » –
j’ai des milliards de paroles bavardes
je peux t’offrir la plus haute statue en or
mais pas un once du métal de ma liberté
prends garde !
 *
 
Garde la monnaie
 
réjouis-toi dieu par ce que tu nous as pris
et garde la monnaie
les broutilles d’élancements et scarlatines
et pardonne-nous nos bonheurs
ainsi que nous pardonnerons
les bonheurs des autres
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
 http://wp.me/p1wz5y-ut

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Deux poésies de Lucian Avramescu

Oyez, oyez …
 
trop d’acteurs sur le podium d’une réplique
cria le metteur en scène hors de lui,
trop de metteurs en scène sur la clavicule d’un condamné
cria l’acteur se déshabillant de son rôle,
trop de spectateurs pour une seule messe
cria l’ange venu faire un contrôle,
trop peu de souffleurs pour tout cela
chuchota le diable en tirant le rideau
*
Un ange de femme
 
diable, j’ai dit,
tu as mal à la dent de sagesse
moi j’ai mal à la dent de l’amour
diable, j’ai dit,
tu as mal au verni de tes ongles
moi j’ai mal à la dent de l’amour
diable, j’ai dit,
tu as mal à la beauté d’une autre
moi j’ai mal à la dent de l’amour
diable, j’ai dit,
tu as mal seul le diable sait où
moi j’ai mal aux peupliers de l’amour non partagé
diable, j’ai dit
et quel ange de femme elle était.
*
 
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-nt

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Toute chose – Lucian Avramescu

tout défaut de l’âme
peut être corrigé – cria le confesseur ;
tout pneu
peut être réparé pour qu’il ne perde la pression
– dit le vulcanisateur ;
toute terre frappée de grêle peut être cultivée
– dit le fermier ;
je peux faire de n’importe quoi au moins un quoi
– dit le raccommodeur ;
les vaches sont une bonne idée d’investissement – dit
le chef du cheptel
et tous avaient pleinement raison
sauf le premier
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-dX

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