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Trois poèmes – Lucian Valea

Crépuscule aux oiseaux

De loin, sur les vagues,
Semblent des menues îles flottantes
Ou que les cendres, encore brûlants
Des heures de la matinée.

Dans ses paumes verts la mer
Berce leur sommeil. Elle comprend
La teneur de la fatigue d’un être
Qui porta tant de ciel sur les ailes.
***

Don Quijote parle à Sancho

C’est
Sancho le dernier serment
Du triste hidalgo de la
Mancha:
Un rêve plus lourd qu’une lance m’écorcha
Quand je guerroyais les moulins à vent!

Descends au bout de la folie sa pente,
La vie n’est pas de l’andante maestoso
Vers la même Dulcinée d’el
Toboso
Nous portera pas, hélas la
Rossinante.

Il vont piger les gents un jour, sans rire
Un brin de ma si obstinée campagne
Que la vie de chacun est une
Espagne
Et une bataille pour la conquérir.
***

Séparation

D’abord partent les lèvres. Se retirent
Comme si d’une crique, du baiser
Puis les regards se drapent de la soie
Verdâtre de l’étang muet.

De moins en moins nos mains se touchent.
Nos caresses comme des nuées
D’oiseaux errants, nous contournent
Par les vides avalées.

On passe des gants aux paroles mortes ;
Aux sourires, des griffes acérées
Où qu’on tourne, des portes – que de portes
Et dans l’air des stalactites salées.

Une clôture de barbelés – les heures
Parmi nous, le pays d’inconnu
La chambrée ressemble drôlement à une place
Qui attend des statues.

Puis vient un jour de grandes certitudes,
Où nous retrouvons une ancienne vérité
Que d’une hypothétique passion, ne restent que
Deux solitudes.
*

traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain =

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