Archives de Catégorie: Marina Nicolaev

sais-tu, le matin seulement – Marina Nicolaev

sais-tu, le matin seulement
la mer fait descendre les esturgeons ensommeillés au rivage
sous l’herbe fauchée des vagues on entend frémissant
de nulle part
j’ai une pensée de toi et ne suis plus
étrangère au monde
dessein signe solitaire

 

troupeaux de nuages détachés du ciel
nous égarent l’étonnement en semences
le matin seulement
dessein signe solitaire
quand te verrais-je encore mon bon souvenir

 

l’après midi est aux oiseaux bougons
tournoyant au-dessus de nous ses bourgs de brouillard
les mers affamées crient nos noms
– le mien, sous les récifs, sitôt ne l’entonne –

 

… si tu m’as oubliée
dessein signe solitaire
oubliée dans le monde
sais-tu, au fondement de ta bastide mon ombre j’enferme
vers le matin …
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-er

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Deux poésies de Marina Nicolaev

l’automne sans les anges
while you were out
 
l’amour est seulement souffrance articulaire
à laquelle la nostalgie adhère tardive
des fois semble un autre portrait en boustrophédon
découpé du contexte comme d’un automne éphémère
 
ils ne montaient plus la montagne oubliée
le ciel descendait longuement noire dalle sur le coeur
 
une certitude ne pouvons avoir jamais
la location d’ève reste un trauma intercostal
dans des minimes conditions de subsistance
pour le milieu environnant hostile
 
île de nuit et de veille Lui
diffus comme la haleine des anges in-folio
 
d’autres hypostases définissent la pleine consonance
la solitude des condors berce le ciel
entre deux syllabes une seule veillée
 
«ce n’est pas la peine de se tuer
 puisqu’on se tue toujours trop tard.»
 
***
 
First you cry
 
voila la nacelle et la rêverie dissipées à travers le bourg des aveugles de tous les mots
des tocsins amers souffleront sur le dernier conduit
au-delà de ta création
entre les côtes et le ventre du nuage bleu
– quand on t’a assombri dans la sacristie de la saison –
 
tu ouvriras à la fin le cœur au pardon
le livre de sable entre nous et le ciel
jusqu’à faire jaillir du Styx les pierres par retour
et les lys fanés et la faim de toi
sous la semelle s’aiguisera le silence
 
ton nom sera écrit avec le frémissement du celui crucifié
au-delà des eaux de l’enfer
 » Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
ché la diritta via era smarrita. « 
 
les rumeurs de l’automne te prendront encor par la main
par la messe de cette nuit
près des rois sans couronne de la solitude
first you cry
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
Lisez les originaux en roumain :

http://wp.me/s1wz5y-857

 

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détournement bon marché l’amour … Marina Nicolaev

& I was gonna tell you
 
nous avons perdu le droit de survivre
dans le monde civilisé personne n’a démoli l’ermitage des bonnes manières
nous seulement sommes partis au-delà
sous le bras avec nos ombres incinérées en des urnes swarovsky
 
la névrose collective crayonne tardivement la nostalgie
d’un mécanisme de la pensée
trop d’erreurs de procédure
plaies du crâne contusions lésions conflits domestiques
 
illusoire pacte social autour du propre être
tendresse impromptue
second hand
 
comme si nous avions perdu encore le droit
de décliner l’égophobie de l’instant
détournement bon marché l’amour
 
« il serait bien de ne plus jamais se voir, Fiodor Michaïlovich »
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-aM

 

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Experiment devant le miroir – Marina Nicolaev

au-delà de la poésie se sont érigés
des quartiers pleins d’interjections marches funèbres
foyers d’ordures dans les rues abandonnés en plein jour
par la dystopie de cette solitude collective
 
chaque nuit on entend d’autres et d’autres contrées
en rejetant leurs gosses de fumée par métastases
de nuages tardifs
 
au-delà de l’illusion il n’y a plus de villes
mais d’ombres sans abri macérées par les craintes
les os des pendus aux mots incompréhensibles
des abréviations convulsives ressentiments
inutiles guerres
signes annonciateurs et mort
 
moi seulement je suis malade de nostalgie
elle transporte dans ma chair des linceuls amers
comme un blizzard retors entre veille et sommeil
 
chaque fois que j’ouvre ma fenêtre
l’air larmoie
des oiseaux.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-aG

 

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Compendium sur les jardins – Marina Nicolaev

ces pierres ont la mesure des berges sanglotées
elles semblent seulement détachées de la projection de la vague ne s’identifient pas
rien que ton souffle humide perce encore le contour des lauriers
 
il n’y a que deux hypostases de la compassion
le poing et la paume
 
deux corps d’une manière irréelle accrochés au ciel
disloqués parmi des madones oblongues à sable
se vendent aux souvenirs sur nulle part de je ne sais où
et il me semble que je déteins lentement
en contresens des aiguilles de l’horloge
un autre coin du monde
sur lequel rien n’est plus connu
 
elles sont telles les jours qui te restent
à propos de l’éveil des enfants de neige aux yeux bleus disais-tu
en partageant des morceaux de charbon dans les foires
 
toi-même n’as plus trouvé le jardin de l’Eden
la porte non plus
 
… quelqu’un a oublié ses clés de fumée en moi enfoncées
le dedans est devenu gris
j’ai froid
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-an

 
 
 

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tu me restes où, mon ange… – Marina Nicolaev

et il me comptait les dernières pensées
amèrement collées au corps par une moitié
l’autre des parts sous la montagne gisait
et la haute cime j’oubliais de la porter
 
la plainte attisée en orbite creusait
juste le côté gauche resté dans les abîmes
Lui, sans visage, moi, sans âme,
est-ce qu’il me reverrait ?
 
il m’écoutait le bruissement enneigé
de l’aile par avance acérée
dans ma chair vive rentrée profond
par des côtes trop amplement dépeignées
 
proscrite je rêvais
la montagne façonnée comme un galet aveugle
duquel je partais en peinant
 
si accroupie dans le cocon trop sévère
tu me restes où, mon ange
combien de temps
nous dormiraient-ils sous terre ?
 
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-ah

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