Archives de Catégorie: Nichita Stănescu

Une lierre tu sois – Nichita Stănescu

J’aurais mieux aimé que tu sois une plante.
Une lierre tu sois contre ma joue sonner
quand les froids courants du soir arrivent en pente
du ciel tout étayé sur une seule pensée.
Si je t’aurais su la chaleur, contre mon flanc,
de feuillages frémissante et scintillant,
qu’il sort d’un unique tronc notre moment
à deux rameaux la lune appuyant.
Et le fracas de la ville, plus différent et plus embu
comme faute de couleur la mer, en bas, aux digues,
qu’il sonne en arrêtant d’un coup
les piliers de la silence en avançant, prodigues.
Que j’entends d’une feuille, d’une racine,
j’aurais aimé une saison sévère,
quand les dernières glaces s’agglutinent
en elles-mêmes. Et n’ont pas de leur place et meurent.
*
traduit du roumain par Tudor Miricã
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-4O

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Adolescents sur mer – Nichita Stănescu

Cette mer est toute couverte d’adolescents
qu’apprennent la marche sur les flots, debout,
soit s’appuyant du bras à des courants,
soit s’étayant d’un rayon raide, de soleil imbus.
Je suis la plage vaste taillée aux fines facettes
et les contemple comme à un débarquement
d’une infinie flotte de yoles. Et je guette
un faux pas de voir, un glissement
du moins jusqu’aux genoux au vague diaphane
sonnant sous leur trop nonchalant essor.
Mais eux sont sveltes et calmes, et en même temps
ils ont appris à marcher debout, sur les flots.
*
traduit du roumain par Tudor Miricã.
lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-4J
 

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Mon âme Psyché – Nichita Stănescu

Un ange est venu et m’a dit :
– T’es un porc de chien,
un roquet et un groin.
Pue l’herbe sous ton ombre qui la presse ;
fange est le nom de ton haleine !
– Pourquoi, lui criais-je, pourquoi ?
– Sans raison !
L’ange est venu et m’a dit :
– Plus transparent est le verre
que la plus durable de tes pensées !
Bientôt tu vas mourir et des vers
te grouilleront aux narines, au museau, au groin, à la trompe !
– Pourquoi, lui criais-je, pourquoi ?
– Sans raison ! me dit l’ange…
Et puis l’ange, oh, l’ange, oh, l’ange, oh l’ange
est parti aux ailes en or volant
dans un air doré.
Papillons en or
voletaient dans l’aura de l’ange d’or.
Il volait ahuri,
il était entièrement en or.
Il s’éloignait vers un lointain doré,
où couchait le soleil en or.
– Pourquoi t’éloignes-tu de moi, lui criais-je,
pourquoi pars-tu, pourquoi ?
– Sans raison, me répondit-il, sans raison…
*
traduit du roumain par Tudor Miricã
*
lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-4F 

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La même pensée – Nichita Stănescu

Nichita Stănescu (1933 – 1983)
Vu comme un des meilleurs poètes de la langue roumaine,
Nichita Stănescu est d’un autre avis : „Un poète
ne peut pas être meilleur qu’un autre poète. Un poète
peut être meilleur que soi-même ou pire que soi-même”
"La poésie ne s’écrit pas aux paroles."
"Mes amis ne sont pas nombreux, mais sont innombrables."
La même pensée

Garde-toi d’avoir raison
quand tu es épris.
Mieux vaut d’avoir ombre,
mieux vaut d’avoir rai,
mieux vaut d’avoir larme,
mieux vaut d’avoir n’importe quoi d’autre !
Un homme épris quand il a raison
il est un homme seul,
seule la tristesse a raison.
Toi, mieux vaut d’avoir rocs,
mieux vaut d’avoir aigles
mieux vaut d’avoir le blanc de la neige !
*
traduit du roumain par Tudor Miricã
*
Lisez l’original en roumain :
 

http://wp.me/p1wz5y-4z

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Emotion d’automne – Nichita Stănescu

L’automne est là, couvre-moi le cœur avec n’importe quoi
avec l’ombre d’un arbre ou mieux encore avec ton ombre à toi.

Je crains de ne plus te voir, à l’occasion,
que des ailes pointues jusqu’aux nues me pousseront,
que tu te cacheras dans un regard étranger
et lui se fermera dans un feuillage amer.

Alors je me rapproche des pierres, m’ayant tu,
prends les mots et les noie dans l’océan
Je siffle la lune je la lève et la mue
dans une grande passion.
*

traduit du roumain par Cindrel Lupe

lisez l’original en roumain : http://wp.me/p1wz5y-2A
* mise en musique de Nicu ALIFANTIS

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