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Deux poésies de Nicolae Taţomir

 
 
Terra
 
Cruche d’argile avec deux anses :
L’une la vie, l’autre – partance.
Un pas vers les orgues du simoun,
L’autre vers la harpe blanche de la lune.
Tantôt sur le bras d’Odette, un instant,
Tantôt sur l’aile d’Odile en blanc …
 
Sous ses croûtes bien émaillées
La cruche nous attend dans les entrées
La proposer dans la maison
Sur des offrandes de blé et poisson,
Avec de l’eau vive, pas de Léthé,
Apaise l’éternel besoin d’un assoiffé.
 
En rive de tout bon souvenir
Le charme d’Odile va en pâlir.
Cruche vide avec deux anses
Loin, vers la source, flotte en errance,
Là où l’attend patiemment
Odette la douce avec plein de jugement.
***
 
L’Orchestre muet
 
Elle est en cire la flûte, en peluche les tambours;
En feutre la contrebasse, viole et hautbois.
Les violons enfoncent dans du velours leur poids
Lorsque la corde en soie frémit sous l’archet dur.
 
Enveloppant l’orchestre des mêmes gestes vrais
Qui flottent ondulatoires, gothiques, dans le frisson
Qu’habille de noir le chef d’orchestre, cette vibration,
Piquant telle une aiguille, sa baguette argentée.
 
Les auditeurs en salle, hommage floréal
Par de frêles pétales, demandent timidement
Un bis de ce silence prônant magistralement
Joué molto vivace, exquis,  juste au finale …
 
Oh, instant si pénible, lourd comme du plomb pesé,
Quand les arômes enivrent, couleurs croissent inutiles
Et par-dessus les cordes l’archet glisse, futile
Tirant un son unique du cœur, de la pensée !
 
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-qi
 

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